Cher easy,
Vous faites part de vos sentiments, que tous partagent peu ou prou sur ce fil, anti-communautaristes.
Contrairement aux commentateurs poussés par de légitimes inquiétudes, otre hargne vous pousse à écrire trop vite et souvent à côté du sujet ?
D’abord, je vous rassure : je trouve très positive cette réaction massive contre le communautarisme, même si cela ne répond pas aux problèmes posés. Et je partage cette inquiétude du fait de dérives qui datent de plus de 30 ans.
Il reste à définir en France la différence entre droits des collectivités regroupés, comme toute association de loi 1901, autour de ses buts légitimes et....communautarisme, que vous utilisez sans le définir, ce qui est assez ennuyeux, car le terme mérité, afin de clarifier son essence, d’être bien précisé.
Mais, comme ce fil, avec Loulou, le fait, il n’est pas nécessaire de s’étendre sur cette définition qui est donnée plus bas.
Vous indiquez in fine que les autorités françaises ne poussent pas au communautarisme. Assertion contredite par les faits les plus évidents et depuis longtemps.
Les « communautés » - le terme a envahi le vocabulaire publique depuis 1982- sont donc nombreuses, à lire les médias : éducatives, sexuelles, religieuses, nationales, culturelles, et je n’évoque pas les tendances régionalistes politiques qui veulent s’isoler de la société en créant des ghettos identitaires : bretons, occitans, ou alsaciens.
Là aussi, soit dit en passant, il existe un fossé entre faire vivre des langues véhiculant une culture et pousser à un repli identitaire dommageable à la collectivité des citoyens.
A l’évidence, le CFCM ( Conseil Français du Culte Musulman) a été créé par l’Etat (au nom de la République), dans des buts électoraux, et il s’agit bien d’un Conseil Représentatif (de plus religieux dans un Etat qui dit être laïque).
Donc, les faits montrent que l’Etat a encouragé les communautés, voire les communautarismes afin d’assurer un pouvoir politique branlant.
Maintenant, comme vous avez une vue limitée des choses dans le monde, permettez que vous soit expliquée une politique républicaine qui valorise les communautés culturelles en empêchant ainsi le communautarisme.
Cet exemple existe dans plusieurs pays, du Canada au Brésil en passant par l’Inde, mais je prends celui que je connais le mieux.
A Taïwan, société multiculturelle, les collectivités culturelles ont droit d’organisation et d’action libre au sein de la République.
Il en est ainsi par exemple des Hakkas avec leur télévision, leurs journaux, leurs écoles à double enseignement de langue (mandarin et hakka).
Mieux encore, et toujours afin de fortifier la République commune, celle de TOUS les citoyens, la politique menée envers les 400.000 aborigènes du pays est exemplaire : crédits spéciaux du fait de leur pauvreté et de l’état des structures publiques à moderniser en urgence, représentation politique spécifique, mais basée sur les forces politiques nationales, programme agraire et éducatif particulier.
Ainsi, en prenant à bras le corps autant que se peut les problèmes des populations à problèmes spécifiques (et ils sont nombreux ici), l’Etat accomplit un travail utile à la société et fortifiant pour la République.
Dans un débat libre, il ne faut pas craindre la contradiction, ni de ne pas parfois être dans la majorité qui s’exprime à tel ou tel moment dans un contexte particulier.
Rassurez-vous, il m’est arrivé souvent d’être en minorité dans la vie avant de pouvoir, par la libre et sincère discussion, sans ego, faire avancer des revendications collectives sur des bases claires. Les réactions, souvent fort justifiées, et surtout légitimes en France, des commentateurs, que vous croyez à tort me viser ad hominem alors qu’ils participent d’un débat serein et respectueux, sont pour moi -et pour d’autres- de riches enseignements, tactiques et stratégiques.
Il est évident que les problèmes exposés trouveront leurs solutions, par une forme d’organisation que les intéressés choisiront, au sein et en faveur de la République, sans que leur initiative soit qualifiée de communautariste alors qu’elle ne l’est pas au regard de la définition précise du mot.
C’est là l’essentiel, sauf à vouloir aboutir à une mainmise politique ou maffieuse sur une collectivité qui pèsera de plus en plus lourd dans la vie du pays.
Bien cordialement,