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Commentaire de easy

sur Échec carcéral : les grâces et disgrâces de la France


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easy easy 8 mai 2012 11:16

Marcopolo

J’ai surtout dit quelque chose que personne n’a jamais dit et que même Cervantès n’a pas suffisamment souligné.
Nous sommes très nombreux à être disposés à enterrer des vivants, y compris ceux que nous qualifions de très proches. Nous sommes très enclins à faire le deuil rapide de vivants.
(C’est fortement vrai dans notre culture et ça n’est évidemment moins dans les cultures où l’on maintient vivants les morts en pratiquant quelque sorte de culte des ancêtres)

A partir du moment où nous tous ou presque tous, nous nous démontrons mutuellement très disposés à enterre des vivants, où il va de soi, ici, que DSK devrait être rejeté par absolument tous, que plus personne ne devrait le fréquenter, lui témoigner un quelconque attachement, nous nous démontrons aussi que nous sommes disposés à tuer, à voler et à violer.

Quand Gabrielle Russier avait été rejetée par la France entière (c’était une impression de « france entière ». En réalité, bien des silencieux ne la rejetaient pas mais ce sont les crieurs, les orfraies, qui font la rumeur), Pompidou, qui aurait été parmi les silencieux, avait été interrogé après le suicide de cette prof. Et bien il n’a pas osé la redresser, la réhausser, la réhabiliter, la ressusciter publiquement. Il avait répondu par une citation sybilline.


Quand 99,99% des gens se démontrent prompts à enterrer des vivants, même otages d’Anglois, de barbaresque ou de Farcs, il ressort que la valeur de chacun est, aux yeux des autres, réellement très inférieure à ce qui est prétendu.
Nous sommes tous si prompts à affirmer qu’un prisonnier (fautif ou innocent) doit être rejeté, abandonné même par les siens, que les plus zélés d’entre nous sont extrêmement prompts à sacrifier la vie, la dignité, la valeur d’inconnus ?


Continuer à pratiquer l’enterrement de vivants que représente l’incarcération et lever les bras au ciel lorsque des Nazis et les Américains en font une industrie principale, c’est pratiquer le déni de ses responsabilité dans ce qui fait la noirceur de l’Humanité en séparant artificiellement les zélés des pratiquants.

Pour ne pas promouvoir le style de Leopold II, de Hitler, de Pol Pot, il faudrait pratiquer soi-même des attitudes absolument inverses.



Est-il extraordinairement difficile d’admettre et même d’encourager que les proches d’un détenu (méchant ou pas, coupable ou innocent) lui restent proches ?
Non.
Ce ne serait pas difficile d’un point de vue technique, matériel et éthique.

Mais c’est très difficile à admettre quand on tient à son pouvoir de masse, au pouvoir de coercition qu’offre la masse. Le jeu de chacun ne revient alors plus qu’à se débrouiller pour avoir ce pouvoir massif (petites et grandes masses) avec soi et non contre soi.






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