Réfutation : le marché n’est pas une personne, il ne peut pas promettre.
Maintenant la version libérale de la fable des ânes, pour comparer. 
Le Maire d’un village et une partie de son conseil municipal s’étaient mis
en tête de réguler la possession des ânes sur leur commune. La mairie s’était
donc octroyée le monopole de l’élevage d’ânes et vendait les bêtes aux paysans
à un prix fixé par ses soins.
Certains paysans étant trop pauvres pour acquérir leur âne, le Maire, qui
pensait à sa réélection, décida qu’il fallait les aider. Il pria donc avec
insistance son ami banquier d’accorder des prêts avantageux aux paysans les
plus pauvres. Sachant que l’argent de la commune et des impôts transitait par
sa banque, le directeur ne pouvait pas refuser. Il accorda donc, des prêts de
100 € aux paysans les moins capables de les rembourser.
Le banquier était un peu inquiet des risques que le Maire lui faisait prendre
car il n’avait que les ânes pour garantie. Mais constatant le succès de cette
première opération, le Maire se dit que les réticences du banquier
disparaîtraient si le prix des ânes augmentait. Comme il détenait le monopole
de l’élevage il maintint le nombre de nouveaux ânes proposés à la vente en
dessous de la demande. Le prix des ânes se mit à grimper, d’abord à 150 €, puis
à 200 €. Même s’ils n’arrivaient plus à payer leurs échéances, les paysans
pauvres pouvaient toujours revendre leur âne pour rembourser leur prêt en
faisant une plus-value confortable.
Tout le monde au conseil municipal était convaincu de la sage politique du
Maire Un nombre croissant de paysans pauvres accédaient à la propriété
des ânes. La banque reçut des félicitations officielles pour sa politique non
discriminante.
Lorsque le cours de l’âne atteignit 500 €, le nombre de défaut de paiement
devint trop important et de nombreux ânes, saisis par le banquier, se
retrouvèrent sur le marché, provoquant la chute des prix de l’animal. Après
quelques mois l’âne valut 80 € . Les paysans préférèrent voir leur âne
saisi plutôt que de continuer à payer trois ou quatre fois son prix, ce qui mit
la banque au bord de la faillite.
Le Maire et le conseil municipal décrétèrent que la banque avait été imprudente
et cupide. Ils publièrent un communiqué dans lequel ils affirmaient que la
bulle ânière était due à la spéculation, conséquence d’une dérèglementation
bancaire. Une faillite de la banque aurait eu des conséquences
dramatiques pour toute l’économie locale, le Maire fut donc obligé de la
renflouer précipitamment. Soucieux de paraître contrôler la situation, il
décida aussi de relancer l’économie du village en prêtant de l’argent à
certains riches artisans de la commune, lesquels devinrent ses fervents
supporters.
Malheureusement la commune était déjà extrêmement endettée. Les Maires
successifs avaient dépensé sans compter pour acquérir le vote des villageois.
Cette dernière et énorme dépense fit déborder le vase. Les villageois
travailleurs et économes qui avaient prêté à la commune commencèrent à douter
de sa capacité à les rembourser. Pour rassurer de nouveaux prêteurs et éviter
de payer des intérêts plus élevés, le Maire dut s’engager, la mort dans l’âme,
à réduire les dépenses.
Pour protester contre cette situation des villageois se déclarèrent « indignés »
et organisèrent des manifestations au nom des paysans pauvres qui avaient perdu
leur argent, leur âne et leur travail.
Cette bien triste histoire prend tout son sel, quand on sait que ces indignés
sont en fait des employés municipaux qui tirent l’intégralité de leurs revenus
du déficit communal.
Très généreusement l’opposition municipale a promis d’augmenter leurs effectifs
et leurs salaires en taxant les artisans et fermiers les plus prospères ainsi
que la banque.
Cette histoire n’est toutefois pas finie car on ignore ce que firent les
villageois pauvres et les villageois industrieux. Et vous, que feriez vous à
leur place ? Que ferez-vous le samedi 15 octobre 2011 ? (journée internationale
des indignés) Faites déjà passer cette histoire à votre voisin...
Gauche libérale