En effet. Les moyens de la propagande m’intéressent au plus haut point.
D’ailleurs, à part la contre-fable que j’ai présenté, j’ai trouvé aussi cette réfutation plus complète, que je soumets à votre sagacité.
Elle se présente comme étant une image explicative qui permettrait de
simplifier une réalité complexe. Mais en réalité, cette image sème la
confusion.
Lorsque la petite fable présente les paysans achetant des ânes, mus par
leur avidité, elle laisse entendre que la dette publique a été souscrite
avec le consentement actif de la population qui cherchait à spéculer
mais qui s’est fait piéger. Cela n’a rien à voir avec la réalité. 1 %
seulement des titres de la dette publique sont détenus par des ménages.
Ce sont les banques, les assurances, les fonds de pension ou
d’investissement qui achètent les titres de la dette (les ânes de la
fable). Ce sont les banques qui ont utilisés les liquidités qui leur ont
été versées massivement en 2008-2009 par les banques centrales pour
spéculer sur les obligations d’Etat des pays de la périphérie de la zone
euro.
Les paysans, c’est-à-dire, les habitants des pays européens n’ont rien à voir là-dedans.
Ce que décrit la fable c’est une spéculation boursière sur le marché à
terme : l’achat d’actions ou d’obligations à 400 euros, en début de
mois, en espérant qu’à la liquidation (en fin de mois) leur prix aura
atteint 500 euros, qu’il suffira alors de les revendre pour empocher la
différence. Ce n’est pas une pratique courante dans la population
contrairement à l’idée que, sans le vouloir certainement, les auteurs de
cette fable véhiculent.
Les paysans de la fable, c’est-à-dire la population « normale », n’ont
rien à voir non plus dans l’éclatement de la bulle immobilière. Les
travailleurs pauvres américains qui avaient fait des crédits (classés
par les banques dans la catégorie des « subprime ») ne cherchaient pas à
spéculer mais simplement à se loger.
A quoi bon demander un audit de la dette publique si c’est sciemment
que chaque habitant a participé à la spéculation en espérant vendre des
ânes à des prix exorbitants. Les paysans de la fable savaient déjà que
100 euros était (ce que dit la fable) un prix élevé pour un âne mais ils
espéraient pouvoir les revendre 500 euros. Ils savaient bien que
quelqu’un se faisait escroquer dans l’histoire et cela ne les gênaient
pas. Finalement, les paysans en question peuvent s’indigner, ils n’ont
que ce qu’ils méritent.
Parti de gauche midi pyrénées.