Merci de votre commentaire.
Je m’en
voudrais de vous faire avaler votre pipe.
Je suis bien en peine de
vous répondre sans faire moi aussi appel au jugement de valeur ou à
l’argument d’autorité voire même au péremptoire. Il y aurait tant
à dire et à dédire, je vais tacher de faire concis.
Tout ce
que je peux vous dire c’est que, si je reconnais tout à fait
l’apport essentiel de Descartes à une période où la métaphysique,
et surtout le religieux battait son plein, il n’en reste pas moins
qu’il a négligé, comme d’autres après lui, l’autre composante
essentielle de l’homme.
Nous sommes bien les enfants de
Descartes, particulièrement en France, ou tout acte doit
nécessairement être le fruit d’un raisonnement.
Or, si vous me permettez de frôler
l’actualité un instant, cela aboutit à de la résolution de
problème permanente et non à une pensée, une vision globale d’un
système basé non plus sur un pragmatisme pour le coup cartésien,
mais bien sur une morale au sens Kantien du terme.
La neutralisation du savoir que
j’appelle de mes vœux n’est pas, comme je l’ai dit, un retour à
l’obscurantisme ou au religieux, mais simplement une possibilité à
s’offrir, dès que faire se peut, de contempler le monde sans
légiférer sur lui. c’est le pis aller de la candeur pour un adulte,
si vous préférez.
Maintenant, place aux jugements de valeur
:
l’idée de Descartes de se rendre comme maître et possesseur
de la nature est pour moi détestable, car elle sous tend une
supériorité voire même un prima de l’homme sur tout ce qui nous
entoure. Or s’il y a bien quelque chose que la science, pour le coup,
nous prouve tout les jours c’est notre insignifiance face à ce qui
nous entoure. (au passage vous parliez plus haut des méditations
métaphysiques, c’est là ou il a besoin d’envisager un dieu qui ne
soit pas trompeur, un deus ex machina quoi, je ne suis pas très
impressionné par ça..)
C’est cette même illusion de
grandeur qui nous fait continuer dans les mêmes travers écologiques
malgré les avertissements de la science.
C’est la certitude
d’avoir « raison » sur tout en somme..
Un peu à la manière de celui qui écrit, certes
finement, dès la première ligne qu’il est professeur de philosophie
pour assoir sa domination sur son texte, certain que son diplôme
accroché au mur le guide vers la vérité, mais qui néanmoins
ressens le besoin de l’argument d’autorité pour assoir son propos.
La dignité du philosophe dont vous parliez plus tôt fuit déjà au
galop..
Quant au texte de Camus, je trouve
pour ma part que c’est probablement un des plus beaux. Qui plus est,
lorsqu’on sait qu’il l’a écrit à 23 ans. Alors oui c’est primaire,
parce qu’on le comprend à la première lecture. Il y a pourtant bien
plus à penser que l’on ne veut bien le voir au premier regard. Aussi peut-il vous sembler être du bon sens que de rejeter ce texte
puisqu’il vous parle sans artifice, mais vous savez ce que disait
Descartes au sujet du bon sens .. « [..] Chacun pense en être
bien pourvu ».