@ Pinson
Je vous remercie pour votre commentaire.
Il est très intéressant, je vous donc y répondre point par point, ce qui
m’amènera à être un peu long. Je fais donc une réponse en deux partie
Première partie
Vous dîtes :
« Connaissant(un peu) la fondation Raoul Follereau pour lui
avoir donné à l’occasion une modeste obole, il va sans dire que le titre de
votre article m’a accroché (cétait le but).
Je l’ai lu , il m’a fasciné et surtout éclairé. Sur la
personnalité de son auteur. Et encore plus après avoir visité le blog où il
épanche son étrange obsession. »
Vous avez raison de faire celui qui découvre qui nous sommes car
votre pseudo aurait pu faire croire le contraire. Étonnante coïncidence en
effet qu’un commentateur comme vous qui énonce au fil de ses commentaires des
idées plutôt proches du FN (par exemple : « Que la France, se
couvre de mosquées, c’est le signe d’une colonisation par une autre culture.
Point. (…) Nous sommes confrontés à la montée d’une culture (et encore, je me
trouve plutôt gentil d’employer ce terme !) qui depuis qu’elle existe, à tous
moments et en tous lieux, nous a été étrangère, hostile, ennemie. Ce n’est pas
une question de laïcité, c’est une question d’identité »).qui défend
avec verve et talent les courants disons monarchistes et nationaux catholique,
qui connaît bien, visiblement le cas Follereau puisque chacun de vos propos
s’applique à lui merveilleusement bien et qui, touche finale, porte un pseudo
homonyme au président de l’association chargée de la promotion de la cause de
béatification de Raoul Follereau, prieur général d’un groupuscule religieux
nommé, si je ne m’abuse, la Milice des Chevaliers de Notre Dame, mouvement pour
le moins traditionnaliste qui défraya la chronique il y a quelques années dans
l’affaire Touvier et (ancien ?) président de diverses associations dont
certaines furent domiciliées au siège de la Fondation Raoul Follereau de type
« Bannières de France » ou encore association pour le « XVème
centenaire du baptême de la France » (et non de Clovis, les connaisseurs
apprécieront la différence) …
Bref, cher pinson, je suis ravi d’échanger avec vous …. Qui que
vous soyez … ce propos préliminaire ayant été tenu, revenons à notre sujet …
Vous
dites :
« Car enfin : quel rapport l’article établit-il entre la
rafle du Vel d’hiv’ et R. Follereau ? Réponse : aucun ! »
Soit vous avez mal lu notre article, soit vous ne l’avez pas
compris.
C’est vrai que Follereau n’était pas à Paris le 16 juillet 1942,
il était trop occupé à promouvoir la personne du Maréchal et le régime de Vichy
dans ses tournées de propagandes en zone libre ou dans les départements français d’Algérie.
Plus sérieusement, nous posons la question de la responsabilités
de leaders d’opinion des années trente qui, sans avoir pour autant les mains
sales, avaient une langue et/ou une plume qui ne l’était pas moins.
Vous
dites :
« Non, ce qui obsède l’auteur, ce sont les convictions
réelles et /ou supposées de Follereau et de ses héritiers. Lesquelles
constitueraient selon cet étrange chrétien autant de péchés mortels ,
autant de crimepensées orwelliens dont la causalité direcete avec la la shoah
n’est même plus à établir... «
Péchés mortels, je ne sais pas. Péchés, très certainement :
« Si quelqu’un dit : J’aime Dieu, et qu’il haïsse son frère, c’est un
menteur ». Si vous êtes catholique, vous croyez que toute vie est un
don de Dieu et que tout homme est votre frère. Si vous haïssez votre frère sous
prétexte qu’il n’est pas catholique, c’est Dieu que vous haïssez.
André Récipon fut sans doute un brillant homme d’affaires
reconverti dans le fund raising au profit de la Fondation Raoul Follereau.
C’est aussi un virulent xénophobe et antisémite. Comme son père spirituel,
Raoul Follereau.
Vous aurez beau recouvrir un tas de fumier avec des aubes de
curés, des chapelets et des médailles miraculeuses (tiens donc, l’association
TFP, cela vous dit quelque chose ?), cela sentira toujours aussi mauvais.
Vous dites :
« Alors, Monsieur, puisqu’il paraît que vous êtes comme moi
catholique et que vous devez avoir quelques notions d’histoire de l’Eglise et
de cathéchisme , mettons les choses au point, en admettant même que tout ce que
vous nous dîtes de Follereau soit vrai. »
Admettons.
Vous
dites :
« Follereau était influencé par Maurras ? Peut-être...
comme De Gaulle, comme Proust, comme Maritain et des millions d’autres, dont
mon défunt Papa. »
Bien
évidemment que Maurras influença son époque, cela n’en fait pas des
maurrassiens pur jus comme Follereau. Maritain pris ses distances avec Maurras
juste après la condamnation de Rome.
De Gaulle – que vous citez comme exemple malgré le fait qu’il soit
honni dans le petit milieu catho-facho – a donné moults preuves dans sa vie
publique qu’il était un homme profondément guidé par une éthique et une vision
personnelles qui n’avaient rien à voir avec les idées sociales et politiques de
Maurras.
Enfin, ils ne furent pas nombreux les fidèles de Maurras à faire
graver une citation éminemment politique du « Maître » sur leur tombe
trente ans après la fin de la guerre.
Vous dites :
« Follereau n’était pas démocrate ? Peut-être...
Citez-moi le passage de l’évangile ou même du cathéchisme qui oblige un chrétien
à l’être. Avez-vous remarqué que l’Eglise elle-même n’est pas une
démocratie ? »
Il ne me
semble pas avoir reproché à Follereau cet aspect là. En revanche, je reproche à
la Fondation Raoul Follereau son fonctionnement monarchique héréditaire qui est
tout simplement contraire non seulement au droit des organismes reconnus
d’utilité publique, mais plus encore à l’intérêt des lépreux qu’elle se dit
chargée de défendre.
(à suivre)