Seconde partie
Vous dites :
« Follereau était anti-maçon ? Comme tout bon catholique
devrait l’être... la condamnation de la franc-maçonnerie par l’Eglise est
toujours valable... »
Je suis d’accord avec vous. Je suis même
d’accord avec son anti-bolchevisme (vous n’en parlez pas, mais c’est une
constante chez Follereau). Mais la FM et le communisme constituent
des courants politiques et se positionner contre relève d’un débat
politique rationnel tout à fait respectable.
Le problème,
c’est que Follererau et Récipon se font déborder par leurs sentiments
politiques et tombent dans le pièce de la haine irrationnelle d’Israël. C’est
là que le bât blesse.
Vous dites :
« Follereau a été favorable au Maréchal et à son
action ? Comme la majorité des français (au moins pour un temps) et la
quasi-totalité de l’épiscopat (au moins pour un temps...). »
Il y a du
faux et du vrai dans ce que vous dites. Mais vous mélangez les choses et les
périodes – peut-être à dessein.
Le Pétain du 9 juillet 1940 n’était pas le Pétain de Montoire et
encore moins celui de 1942.
Quant à l’épiscopat, hélas … les têtes, à l’exclusion de quelques
unes, ne brillèrent pas par leur clairvoyance. Mais ils ont fait acte de repentance, eux (vous n’aimez pas ce mot, hein ?)
Mais qui aurait l’idée d’en faire des saints comme la Fondation
Raoul Follereau essaie de le faire avec Follereau ?
Vous dites :
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Question
sensible et ô combien intéressante. Si le national-catholicisme vous amène à
être meilleur catholique, tant mieux et alléluia ! Si cela vous amène à
haïr votre prochain et à refuser d’accepter dans la communauté nationale des
gens qui ne pensent pas comme vous, vade retro !
Malheureusement, bien souvent, les nationaux catholiques laissent
leur foi nationale surpasser leur foi catholique. Il est
légitime de défendre ce que l’on croit être bon pour son pays, mais cela
devient illégitime si les moyens employés sont contraire à l’Evangile. Cette
subtilité de raisonnement échappe souvent aux lecteurs de Présent, et autres
membres de Civitas.
Vous
dites :
« Follereau était-il même antisémite ? Alors là,
permettez-moi de vous faire remarquer que dans tous vos articles, vous n’avez
pas été fichu de relever un seul mot explicite de ce point de vue. Si s’en
prendre à la banque apatride signifie ipso facto l’antisémitisme,
inquiétez-vous : une vague d’antisémitisme est en train de submerger
l’Europe. J’irai plus loin : la parole antisémite était avant-guerre très
libre, de sorte que si Follereau l’avait été autant que vous l’en accusez, il
n’aurait rien sous-entendu et vous n’auriez eu aucun mal à prouver vos dires...
Je peux vous accorder un point : dans les textes auxquels
nous avons eu accès (à quand l’ouverture des coffres de la famille
Récipon ?), Follereau ne fait pas de la lutte contre Israël une obsession
omniprésente comme c’était le cas de Coston, par exemple. Cela ne l’empêche pas
de semer, régulièrement et fréquemment, des petites phrases, petits indices
très compréhensibles pour ceux auxquels ils sont destinés qui témoignent de son
antisémitisme : petits florilège que je fais de tête : « lénine,
ce moise rouge », « nation banquier », « oiseaux de proie,
financiers internationaux qui avaient déjà pris le pouvoir en Russie et qui
viennent diviser les Français », « armée du crime qui vient
d’Allemagne et de Russie sous des prétextes de race et de religion »,
« les assassins de l’homme sont de plus ancienne lignée », reproches
faits à la SDN d’être la proie « d’une secte et d’une religion »,
collaboration avec Coston, Darquier de Pellepoix, les Bellat, l’abbé Lambert …
Fin septembre, nous diffuserons de nouvelles pièces probantes de la communion
de pensée de Follereau avec les partisans des Protocoles des sages de Sion.
Mais je me fatigue pour pas grand-chose car il n’est
pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.
Vous dites :
« Et pour en finir : en quoi le fait d’être monarchiste,
non-démocrate ou que sais-je a-t-il jamais interdit de pratiquer la charité et
de gagner son paradis ? »
Propos hors
sujet. Je n’ai jamais reproché cela à Follereau, d’ailleurs, il n’est pas du
tout acquis qu’il était monarchiste.
Vous cherchez à vous faire passer pour une victime politique alors
que ce n’est pas du tout mon propos.
Vous
dites :
« Je sens que je vais vous faire de la peine, mais vous
devez affronter l’horrible réalité : St Vincent de Paul n’était pas
adhérent au PS, le curé d’Ars n’a jamais été abonné à Golias et il semble bien
selon des recherches convergentes que Notre Seigneur lui-même n’a jamais été
inscrit sur les listes électorales. »
Quel humour ! Quelle ironie mordante
! Malheureusement, vous m’attribuez des idées et des propos qui ne sont pas les
miennes.
Vous dîtes :
« En tout cas, il y a une chose que vous n’avez pas réussi
à imputer à Raoul Follereau : il n’a jamais consacré sa vie à écrire des
lettres de délation. Mais c’est peut-être qu’il ne savait pas comment s’y
prendre.. En ce cas, c’est dommage qu’il ne vous ait pas connu, vous auriez été
de bon conseil. »
En matière d’éthique et de moralité, Raoul Follereau, l’homme qui
dormait et faisait bombance dans des hotels quatre étoiles après avoir fait des
conférences sur la faim dans le monde, n’a pas grand-chose à enseigner à qui
que ce soit.
Raoul Follereau fut un précurseur du fund raising et utilisa à
cette fin l’Évangile et l’inclinaison qu’a chacun à être charitable. Il misait
tout sur son talent oratoire qui confinait à la démagogie et à la manipulation
mentale. Ce n’est pas sans raison qu’il souffrait de la goutte, maladie des
noceurs et des buveurs. Un vrai
petit pharisien de l’Evangile.
Je vous invite en retour à méditer la Bonne Nouvelle : relisez
l’histoire Ananias et Saphira, escrocs à la charité : c’est à l’Esprit Saint qu’il ont menti. Relisez
la parabole de l’ivraie qui s’est fait parasite du bon grain et si Dieu veut,
vous comprendrez peut-être.