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Commentaire de nisco

sur Dans la peau d'un blanc qui regarde « Dans la peau d'un Noir »


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nisco (---.---.146.197) 1er février 2007 18:20

Sais-tu que les noirs sont noirs sans avoir de maladie de peau ?!?!? Sinon, je te l’apprends.

Cette comparaison est vraiment lamentable. smiley

Mais je réhausse le niveau du débat en remplaçant albinos par blanc.

Pour info, je suis un blancs au milieu d’une « tribuE » (pas tribuT) africaine (puisque selon toi les noirs ne peuvent êtres que tribaux... je m’arrête là pour rester poli), c’est à dire les habitants de Ouaga composés de pas moins d’une cinquantaine de ressortissants de groupes éthniques plus tous les noirs immigrés des autres pays du continent.

Voici mon sentiment face à cette situation. Oui je me sens « différent » et remarque que les gens le sentent tout de suite (c’est assez visible, et la différence d’avec un albinos est flagrante soit dit en passant). Maintenant, est-ce que je ressent des sentiments de dénigrement vis-à-vis de moi, non, et c’est plutôt le contraire. Toubabou, terme utilisé pour nommer les blancs en bamanan (ou dioula, langue parlée dans presque toute l’Afrique de l’Ouest) vient de toubib en arabe (médecin) car les premiers blancs venant en Afrique étaient toujours des personnes instruites : médecins, ingénieurs, etc. Voilà pour la généralité. Note : toubabou est surtout utilisé par les enfants et sans aucun manque de respect. Rien à voir avec bamboula.

Plus particulièrement, et ceci après un certain temps de vie ici, j’ai remarqué que derrière cette première classification (blanc = personne instruite), il y a comme un sentiment de pitié. Ne souyez pas surpris, cela provient du fait que la plupart des blancs venant en Afrique, et les français plus particulièrement, manque cruellement de savoir vivre africain. C’est à dire surtout manque de temps à consacrer à l’autre, en salutation, en écoute, etc. Et montrent souvent des signes de maladies mentales très peu fréquentes en Afrique : stress, extrème considération vis-à-vis de l’argent, réactions violentes dans des situations un peu tendues, manque de tolérance vis-à-vis des comportements différents, rapidité dans le jugement des actes d’autrui, etc. Et je parle en connaissance de cause.

Je ne veut aucunement dire par là que les noirs sont tous gentils et serviables, tolérants et ouvert d’esprit, mais qu’ici il est bien plus facile de vivre sa différence, quelle qu’elle soit. Le jugement de ce qui est « normal » et de ce qui ne l’est pas n’est pas fréquent. Chacun est libre de vivre selon son envie, son caractère, sans que cela soit jugé mieux ou moins bien. Mais comme partout, il y a aussi des cons et des intélérants qui voient dans les blancs des représentants des missionnaires et des grandes puissances qui pillent leurs richesses et les dévergondent (par l’introduction de l’homosexualité par ex). Ce qui n’est pas toujours faux, il faut bien leur conséder.

C’est frappant comme aujourd’hui, après quelques années d’adaptation, les gens ont tendance à me dire : « toi tu es burkinabè ! Tu n’es plus »blanc«  », c’est à dire plein des défauts énumérés plus haut que la plupart (moi inclu) ont en arrivant. Je peux enfin avoir de vrais amitiés, sincères, et engager de vrais dialogues sans que cela tourne autour de « comment c’est chez vous », etc.

Voilà ce que ressent un blancs chez les noirs.

Nisco

PS : il n’y a pas de lions dans les rues de Ouaga, ni même ne brousse, seulement au zoo. Il n’y a pas non plus de gens qui se tuent à coup de machettes dans le coin. Je dis ça car il y a tellement d’inepties qui sont véhiculées en Europe sur l’Afrique... smiley


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