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Commentaire de Walid Haïdar

sur Clandestins blancs, Continent noir et immigration en sens inverse


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Walid Haïdar 4 septembre 2012 23:34

Heu, la croissance en Afrique :


1/ c’est une moyenne
2/ c’est le continent à la plus forte croissance démographique
3/ c’est pour les riches, et c’est constitué de merde, c’est à dire que d’une part ce sont essentiellement les riches qui en bénéficient (mais dans des proportions encore plus effarantes qu’ailleurs), et d’autre part c’est surtout de la merde qui croît. Cette croissance n’a strictement rien à voir avec la croissance des trente glorieuses, qui elle était une croissance de construction de l’avenir. Ici (j’y habite), on construit pas grand chose, surtout pas d’alternative au capitalisme qui se brise les dents devant nos yeux, et on fabrique beaucoup de merde, on importe notre bouffe, nos paysans crèvent, bref, cette croissance c’est vraiment de la merde, et presque rien de plus.

Enfin sur l’immigration, vous hallucinez totalement. C’est la loi de l’offre et de la demande quoi ! T’es dans la merde ? Bah t’as qu’à dégager de chez toi ce sera super tu vas voir. Qu’on puisse aller où on veut, ça je suis à 100% d’accord, mais qu’on accepte les causes des déplacement massifs de population, vous appelez ça les droits de l’homme ? Mais vous êtes pas bien sérieusement (je dis ça parce que à aucun moment dans votre article vous ne vous intéressez aux causes, et vous préconisez mêmes des solutions qui entérinent ces mécanismes barbares).

Je suis pour la régularisation des sans-papiers, mais il faut impérativement que ça s’inscrive dans l’arrêt de la destruction et de l’asphyxie des économies d’Afrique ! Sinon certes, les sans-papiers retrouvent leur dignité et avec ces papiers ils peuvent faire valoir leurs droits, mais ça ne règle pas la cause de ces migrations qui sont la misère économique (dont les causes sont multiples, mais sur lesquelles les pays riches pourraient agir de façon considérable, si seulement leurs citoyens prenaient le pouvoir).

En Europe et partout ailleurs en différé, les hommes vont commencer à comprendre qu’ils ne sont pas faits pour travailler. Ce sont les machines qui doivent travailler. Nous on doit apprendre, comprendre, créer, et non pas produire (bien entendu, on continuera encore à gérer la production). Ils vont se rendre compte dans pas longtemps que face aux machines ils ne font pas le poids (sauf pour de magnifiques métiers d’artisans, qui demeureront), et donc qu’il faut absolument reprendre le contrôle de leur avenir pour repenser leur société, toute leur civilisation, au risque de devenir des mendiants sans utilité sociale, ou de s’exiler dans les économies différées, où le même problème se reposera dans quelques dizaines d’années. Quand on voit à quel point les puissants ont de facilités pour détourner l’attention des gens en leur désignant les étrangers comme boucs-émissaires, on peut s’inquiéter des conséquences pour les pauvres expatriés, si le phénomène se généralise comme échappatoire à la misère des occidentaux... surtout compte tenu des antécédents historiques...

Donc redescendez sur terre l’ami. Il y a une crise de civilisation un peu partout dans le monde (en tous cas, en occident et en Afrique, pour parler de ce que je connais), et soit on y fait face avec de l’audace (ce qui commence par reprendre le pouvoir aux riches, qui pilotent d’une manière ou d’une autre nos grandes institutions), soit on se réserve de biens sombres lendemains.

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