Totalement d’accord, bien entendu, avec votre diagnostic :
"Le vrai but proposé par la société est devenu, au contraire, d’abuser de la confiance d’autrui. « Faire du commerce »
– ce maquignonnage vénal qui est à sa face même l’expression la plus
vulgaire de la relation humaine – est devenu une entreprise
glorieuse. On a créé une culture reposant sur l’arnaque : profiter de
l’autre comme but premier de la vie et voie royale vers la réalisation
personnelle."
Pour sortir de la morale chrétienne :
Kali
Yuga.
C’est la fin, la
quatrième et dernière période d’un cycle de l’univers pour les
Hindouistes.
Le Kali Yuga est
ainsi décrit dans le Linga Purâna (extraits) :
“ Les hommes
du Kali Yuga sont tourmentés par l’envie, irritables, sectaires,
indifférents aux conséquences de leurs actes...
On tue les fœtus
et les héros...
Les voleurs
deviennent des rois et les rois deviennent des voleurs....
Les puissants
s’approprient le bien public et cessent de protéger le peuple...
Les gens qui
mendient ou cherchent un emploi sont de plus en plus nombreux.
Il n’y a
personne qui n’emploie un langage grossier, personne qui tienne
parole, personne qui ne soit envieux.
Des gens sans
moralité prêchent la vertu aux autres...
Des associations
criminelles se forment dans les villes et les pays...
Les rites
dépériront aux mains d’hommes sans vertus.
Des gens
pratiquant des rites dévoyés se répandront partout.
Les hommes
s’entre-tueront et tueront aussi les enfants, les femmes et les
vaches”.
(Linga
Purâna, II chap. 39, 42-45).
et, pour en revenir à la chrétienté, Emmanuel Mounier (c’est sa journée !)
« La vie du bourgeois est
ordonnée au bonheur. Le bonheur c’est à dire l’installation, la
jouissance à portée de la main comme la sonnette du domestique,
reposante, non sauvage, assurée. Auréa mediocritas. Une
médiocrité tout en or. Elle est ordonnée à la propriété ;
c’est à dire au sentiment de la solidité du confort. Le souci du
chrétien est d’être, lui n’a pour but que d’avoir.
Ecoutez le dire : ma femme, mon auto, mes terres, on sent
bien que ce qui compte, ce n’est pas femme, auto, terres, mais le
possessif charnu…
Le bourgeois ignore la Croix, que le
moindre miséreux, que le moindre révolté expérimente chaque
jour….
Voilà l’homme qui est né avec l’âge
du confort. Qu’il soit apparu dans l’histoire un pareil
contresens à l’homme, qu’il envahisse le monde chrétien, nous
aurions déjà à nous en affliger. Qu’il soit en train de faire
sauter le monde, nous crions gare et passons à la défensive. Qu’il
fasse passer ses valeurs pour les valeurs chrétiennes, cette fois,
il peut nous avoir partout ailleurs, il ne nous empêchera pas
de témoigner contre son hypocrisie. Il est grave que des hommes, qui
ont le monde dans leurs mains, et qui se disent parfois chrétiens,
trahissent leur mission d’hommes. Mais qu’ils essayent de
rapetisser à leur mesure des valeurs éternelles, qu’ils les
posent en enseigne à leur boutique pour attirer la clientèle,
qu’ils arrivent à les rendre odieuses à la masse des hommes par
l’emploi qu’ils en font et le visage qu’ils leur donnent, c’est
ce que nous ne permettrons plus. Nous ne sommes plus seuls
aujourd’hui. La vie, qui nous a saisis dans une tourmente, nous a
donné un goût de la pureté et du dépouillement. Personne,
famille, patrie, liberté, nous assumons toutes nos valeurs. Mais il
faut d’abord les arracher aux faussaires.
Il est grand temps que le scandale
arrive. »
Emmanuel Mounier. Mars 1933
Quant au rôle du Pape et à sa désignation...il faut tout revoir, c’est certain. Au boulot les cathos !