@ velosolex :
Pourquoi tenez-vous à tomber dans l’outrance et la caricature ?
Je ne dis pas qu’il doit y avoir plaisir à mettre un homme à mort, fût-ce la plus immonde créature que la terre ait engendrée.
Ce débat mérite un traitement rationnel (que symbolise précisément la chouette d’Athéna), et pour ce faire, il convient de rejeter dos à dos celui qui prétexte l’horreur d’une pendaison et celui qui met en avant la souffrance de la famille d’une victime.
Il ne s’agit pas de vengeance, mais de justice. Lorsqu’un criminel prend la vie de l’un de ses congénères, gratuitement, volontairement, irrémédiablement, il déclare la guerre à la société. Celle-ci est en droit de se défendre : elle ne lui a rien demandé, s’est évertuée à le traiter à l’égal d’un autre... jusqu’à ce qu’il « dérape » (pour emprunter au vocabulaire bien-pensant).
À partir de ce moment-là, il doit assumer le fait que la communauté de ses semblables entreprenne sa destruction ; il les a invités à une lutte à mort, à l’issue de laquelle il sera forcément perdant.
J’ai à présent deux arguments à vous soumettre auxquels, si vous en avez le temps, j’aimerais que vous répondiez... de manière dépassionnée bien sûr, et sans la condescendance de quelqu’un persuadé de parler à un barbare du Moyen Âge :
1. Lorsque le pays entre guerre, justement, il mandate sans vergogne des citoyens pour partir le représenter aux quatre coins des frontières, les armes à la main. Il sait pertinemment qu’ils ne reviendront pas tous : c’est une peine de mort à laquelle la plupart des gens consentent - sauf à permettre, par exemple (au hasard), à l’occupant nazi d’annexer notre pays. Je dis que l’assomption de la mort, donnée dans un tel cas, est au moins analogue à celle donnée dans le cas d’un criminel récidiviste : pourquoi tolérer que des innocents perdent la vie dans un cas, et qu’un criminel passe au travers dans l’autre ?
2. Contre la peine de mort, certains abolitionnistes opposent la prison à vie. Dans un pays comme les États-Unis, ce choix est possible et cohérent - être condamné à 314 ans de prison est certainement équivalent à la mort de l’individu. Au moins est-on sûr qu’il ne recroisera pas la route de la partie saine de la société (je parle de monstres en l’occurrence, pas nécessairement du moindre meurtrier). Mais en France, cela reste impossible. La démocratie à la française s’y oppose. Oublieuse au possible, et le temps passant, elle efface le meurtre et fait peu à peu du bourreau d’hier la victime du moment. La Cour Européenne des Droits de l’Homme est là, ensuite, pour faire d’un monstre un homme comme les autres, qui souffre et mérite une seconde chance. Sans compter la compassion des gouvernements qui passent... Bref, l’argument de la prison à vie, en France, est une bouffonnerie. Elle n’existe pas et ne pourra exister, sauf à adopter les méthodes d’outre-Atlantique.
Question subsidiaire : êtes-vous pour l’avortement et l’euthanasie ?
Cordialement,
EG