@lamouchequipanse
Si je force le trait, c’est tout à
fait délibérément, et parce que j’aime bien appeler un chat un
chat. Il est très clair que beaucoup de musulmans en France, il y a
vingt ans, se réclamaient de l’islam comme la plupart des gens qui
font encore baptiser leurs enfants et se font enterrer à l’église
peuvent encore se réclamer du christianisme : par tradition
familiale et sans y rien comprendre. Les « chrétiens » ignorent tout du symbole de
Nicée et des subtilités d’une théologie dont ils sont les premiers
surpris quand on essaie de la leur expliquer. Ces sortes de croyances
superstitieuses font une « religion » qui n’en est pas
une, et des plus supportables dans n’importe quelle société : le
doute et la foi y font très bon ménage et aucun fanatisme n’en
résultera jamais. Je n’hésiterais pas, étant athée autant qu’on
peut l’être, à donner de l’argent pour construire des églises et
des mosquées pour ces gens-là.
Les choses deviennent
préoccupantes lorsque la religion est prise au sérieux et que le
poids du conformisme communautaire commence à régenter
autoritairement la vie de tout un chacun et à lui imposer des
contraintes imbéciles. Si vous servez de la barbaque à un chrétien
ordinaire que vous avez invité à dîner un vendredi, ça ne
risquera guère de le plonger dans un grand embarras, et mes élèves
de lycée ne m’ont jamais parlé non plus du ramadan pour s’excuser
de leurs difficultés d’attention en classe avant le milieu des
années 90. Par la suite, c’est devenu constant.
Il y avait en France, il n’y a pas si
longtemps, d’un côté le Coran et ses impositions, et de l’autre
côté la vie quotidienne qui n’en tenait pas vraiment compte. C’est
ça qu’on pourrait appeler une religion « des lumières »,
c’est-à-dire quelque chose qui n’est plus vraiment une religion mais
un vague déisme qui reste très tolérable pour tout le monde.
Le wahhabisme, made in Arabie Saoudite,
qui se répand en France à grande vitesse, est donc, je le
maintiens, le véritable islam. Vous me direz sans doute que les
décideurs Saoudiens qui tirent les ficelles ne sont probablement pas
des saints, ne crachent pas sur le whisky et ne sont pas beaucoup
moins corrompus que les « terroristes » du Mali qui
veulent imposer la charia et se cachent derrière la morale hypocrite
de leur islam radical pour dissimuler les pires trafics. Mais je
vous demanderai s’il en a jamais été autrement lorsqu’il s’est agi
d’utiliser une religion pour opprimer le petit peuple. Les papes du
XVIe siècle, Alexandre VI par exemple, étaient de remarquables
politiques mais certainement pas des saints.
On assiste, dans nos pays européens, à
une véritable entreprise de fanatisation dont les premières
victimes sont déjà, de fait, les musulmans, lesquels n’ont pas la
moindre idée du processus de manipulation dont ils sont l’objet.
Il est très facile de s’en rendre
compte. Récemment, en Belgique, un « Parti islam » qui
venait d’obtenir deux députés et qui prétend régulièrement
transformer ce charmant pays en république islamique plaidait aussi
pour l’application de la charia. J’étais allé faire un tour sur le
site Oumma.com. Quelques intervenants munis d’un cerveau faisaient
remarquer qu’un pareil activisme constituait probablement la
meilleure manière de nuire à l’ensemble des musulmans de Belgique.
Très peu d’interventions soutenaient explicitement le « Parti
Islam » et ses revendications surréalistes, mais chaque
intervention pouvant faire l’objet d’un vote, on se rendait très
vite compte que les très rares soutiens explicites recueillaient un
nombre d’approbations tout à fait considérable. Si vous voulez vous
faire une idée de ce type de climat, consultez donc un peu ce site.
Je suppose que sur les événements actuels au Mali, ce sera très
croustillant. Je n’ai pas encore vérifié.
Il n’y a pas de christianisme
« modéré ». Celui que nous connaissons en dehors de
Saint-Nicolas du Chardonnet n’est pas modéré, il est carrément
mort. S’il n’était pas mort, si les chrétiens continuaient de
croire au péché, à la virginité de Marie, à la divinité du
Christ, à la parousie et à la vie éternelle, le clergé
continuerait de vouloir régenter le temporel comme il l’a fait en
France jusqu’à l’époque des Lumières. Pour les mêmes raisons, il
ne peut pas non plus exister un « islam modéré », mais
seulement un islam mort, celui qu’on connaissait en France il y a
trente ans. Une femme remarquable, Wafa Sultan, qui est née dans
l’islam et à fini par le fuir comme la peste, nie qu’il puisse
exister un islam qui ne soit pas cette religion de haine et de
violence que génèrent la plupart des pages du Coran. « C’est
l’islam qui est le problème », dit-elle, et non la diversité
d’interprétations plus ou moins radicales.
Ce que je pense, c’est que cette vision
tout à fait réaliste des choses est en train de prévaloir.
L’intervention au Mali en est la preuve. C’est une guerre contre un
islam ressuscité qui ne tolère rien et qu’aucun peuple ne peut
tolérer. De la Tunisie à la Turquie, si les choses continuent
ainsi, c’est une énorme menace pour la démocratie et la
civilisation qui est en train de se développer. Nous ne pouvons pas
tolérer l’infiltration en Europe de ce type de fanatisme médiéval.
On parle pour l’instant de « terroristes » ; le Président
du CFCM rend même grâce à Hollande d’avoir utilisé cet
euphémisme, mais c’est à peu près comme lorsqu’on parle des
non-voyants pour désigner les aveugles. Personne n’est dupe.