« ils passent 80 jours en mer à diriger leurs bateaux dans les quarantièmes rugissants » Déjà, cela commence mal avec cette phrase de néophyte !
Vous lancez un faux sujet de toute façon...
Les sources légitimes de polémique sont excédentaires en ce début d’année, pourquoi balancer des sottises sur le Vendée Globe quand manifestement, on n’a jamais fait de bateau ?
Pour faire mousser l’actualité sportive mais « Ce qui se dit dans les marinas... » reste dans les marinas !
Ceux qui naviguent savent que la vie en mer induit obligatoirement un changement de rythme. Il n’y a pas que les coureurs à partir plus d’un mois en solitaire... gérer la veille s’applique à tous et sans pilule magique. Le secret : dormir chaque fois que c’est possible !
Et même les courses en équipage n’empêchent pas des problèmes de sommeil car un équipier peut toujours se faire réveiller brutalement pour apporter sa contribution à une manœuvre urgente.
Passer de l’euphorie à la fatigue, manoeuvres maladroites, certains propos un peu « délirants » et hallucinations sont d’ailleurs le signe passager d’une mauvaise gestion des plages de sommeil, les coureurs professionnels apprennent à reconnaître cela pour rectifier le tir.
Que des gens se « dopent » à la Juvamine ou autre produit licite pour ne pas dormir ou gérer le stress sur une certaine durée, c’est toujours possible. Prendre des cachetons illicites pour remplacer le sommeil tout au long d’une épreuve aussi longue que le Vendée Globe, ne peut mener qu’à la contre-performance au final, et surtout s’il faut une aide chimique rien que pour cela... nul doute que le voileux n’est pas bon et ne fera pas long feu. Il y a donc une sorte de sélection naturelle...
« tenir 24 ou 36 heures sans grand sommeil est certes possible, mais au delà, même avec des plages de micro-sommeil : c’est NADA ! » Faux !
Plutôt que de citer un médecin généraliste, je signale à votre attention que les chercheurs se sont empressés de faire des études là-dessus.
Extrait « La course au large en solitaire associe un effort physique et cognitif intense et prolongé durant 10 à 100 jours dans des conditions extrêmes. Elle implique le recours à un sommeil fractionné et des périodes de repos courtes réparties sur l’ensemble du nycthémère. Ces difficultés sont évoquées pour expliquer les incidents, accidents et altérations des performances.
Cette étude recense les stratégies mises en œuvre par neuf des meilleurs skippers de la spécialité pour préparer puis gérer ces contraintes au cours d’une course, puis suit un skipper durant une course autour du monde en solitaire et sans escale d’une durée de cent jours.
extrait :
»Pour mieux comprendre la façon dont dorment les coureurs, nous avons fait des enregistrements par Holter EEG lors de courses comme « La Solitaire du Figaro »c et proposé des questionnaires lors de courses plus longues comme le Vendée-Globe.«
Et pour terminer sur le sujet de l’accusation de dopage et d’éventuels contrôles qui devraient être instaurés pour le Vendée Globe :
1. je répète qu’on n’est pas là dans un contexte d’épreuve ponctuelle, ici la durée et le contexte rendent dangereux et inutiles l’usage des »vrais« produits dopants. Les effets néfastes sur quelqu’un seul en mer ne donnent pas envie de franchir »la ligne rouge« . Lire Dr Chauve là-dessus : »Les skippers du Vendée Globe sont-ils soumis à des contrôles antidopage ? « Bien sûr. Il y en a eu pendant les entraînements, avant le départ et il y en aura à l’arrivée. Je suis convaincu qu’il est impossible de se doper pendant trois mois. En dix ans de contrôle antidopage, je n’ai jamais connu un cas positif. Les seuls positifs l’étaient au cannabis, qui n’est pas une aide à la performance, au contraire. » (extrait de http://www.republicain-lorrain.fr/sports/2012/11/13/les-marins-sont-des-dormeurs-de-haut-niveau)
2. Curieux de faire croire qu’il n’y a pas de contrôle en voile ????
D’autant que ceux-ci ne datent pas d’hier... Exemple :
Tout ce que je viens d’évoquer, vous le saviez car pour écrire votre phrase : « ils sont obligés de rester de très longues heures à la barre dans des conditions très extrêmes : bruits et chocs réguliers, froid, efforts importants et violents ponctuellement. »
..... vous vous êtes inspiré de
« les concurrents sont, parfois, obligés de rester de longues heures éveillés à la barre pour effectuer des manœuvres extrêmes tout en affrontant le froid, les bruits, les vagues et bien sûr la fatigue. » tiré d’un interview du docteur Chauve cette fois sur la course du rhum :
Vous auriez pu aller à la conclusion :
« Jean-Yves Chauve, le médecin officiel de la course depuis 1986. « Sincèrement, je ne serai pas étonné que certains aient déjà essayé. Mais, en utilisant ces stimulants, les concurrents risquent de déstructurer leur sommeil et devenir complètement dépendant de la chimie. Je pense qu’ à court terme cela pourrait les aider. En revanche, sur le long terme les conséquences seraient catastrophiques. » Le docteur reste, ainsi, très serein : « On fait régulièrement des contrôles anti-dopage, il y en a eu à l’arrivée de la Route du Rhum. Ces dix dernières années, par exemple, il n’y a jamais eu le moindre contrôle positif. Je ne suis pas inquiet », conclut-il. »