@BlackMatter :
Donner
droit au Législateur de définir le mariage, porterait atteinte à la liberté
individuelle des citoyens de contracter mariage. En effet, il serait loisible à
toute majorité, en fonction de ses désidératas et des opinions de ses membres,
d’imposer à la Société ses propres vues en la matière. Pour ex, une majorité
très religieuse pourrait imposer l’indissolubilité du mariage. Une autre
pourrait considérer que le mariage est un contrat de cohabitation qui n’exclue
donc pas les unions à plusieurs (plus de deux). Une majorité misogyne pourrait
considérer qu’il n’est pas bon que la femme ne soit pas sous la coupe d’un
homme et par là même rendre moins nécessaire son consentement à l’union
maritale... S’agissant du mariage « entre personne de même sexe », le
problème vient de ce que le Législateur imposerait la vision de ses membres à
la Société, alors qu’il se voit interdire - par la liberté individuelle de
contracter mariage - le droit de porter atteinte aux certitudes du citoyen en
la matière. Une certitude n’a pas besoin d’être définie, elle est, c’est tout.
Passer outre la non définition du mariage, c’est porter atteinte à la sécurité
juridique qu’est censée procurer la loi. Car si demain, il devient loisible au
Législateur de dire ce que peut être un mariage - dans l’ex, l’union de deux
hommes ou deux femmes - la majorité qui lui succéderait pourrait fort bien
affirmer le contraire.
C’est
pour cela que le CC - suivant en cela tous les Législateurs de notre pays, de
1791 à aujourd’hui - a reconnu qu’il existait des « déterminants » du
mariage civil, que le Législateur n’a pas le droit de touché, car le faire
revient à balancer l’aspect séculaire, laïc, du mariage. Un référendum est
nécessaire parce qu’ainsi, il sera possible au CC de considérer que le mariage
n’est pas que « la société de l’homme et de la femme ». A l’heure
actuelle, c’est une certitude juridique qui existe depuis 1791. Seul le
Souverain, parce qu’il est le Souverain, peut indiquer que cette certitude a
changé.
Comme
en son temps, seul Louis XVI pouvait dire que la Société d’Ordres avait vécu et
que désormais, il agirait pour le compte de la Nation. Cet aval était
nécessaire, car sans le roi, on ne pouvait pas faire bouger les choses. Sauf à
le renverser…Chose alors politiquement impossible, car Louis XVI conservait
auprès de ses sujets une popularité intacte, qui se manifeste notamment dans
les cahiers de doléances. Il faudra la fuite à Varennes du Souverain, pour que
son crédit soit durement entamé, donnant ainsi voie à l’idée d’une République.
Si
l’on veut toucher à une certitude publique, il convient donc de demander aux
Français leur aval, ce dans l’intérêt tant dans la Société que des homosexuels eux-mêmes,
qui tireront beaucoup plus bénéfice de voir leur accès, en tant que couple de
même sexe, protégé par la Constitution, que soumis aux désidératas de
majorités.