(suite 2)
b) La DICTATURE (autoritaire, despotique
et totalitaire) DU PROLETARIAT
« Le prolétariat se servira de sa suprématie politique pour arracher petit à petit
tout le capital à la bourgeoisie, pour centraliser tous les instruments de
production entre les mains de l’Etat, c’est-à-dire du prolétariat organisé en
classe dominante, et pour augmenter au plus vite la quantité des forces
productives.
Cela ne pourra naturellement se
faire, au début, que par une violation
despotique du droit de propriété et du régime bourgeois de production,
c’est-à-dire par des mesures qui, économiquement, paraissent insuffisantes et
insoutenables, mais qui, au cours du mouvement, se dépassent elles-mêmes et
sont indispensables comme moyen de bouleverser le mode de production tout
entier. » (1)
« …les communistes ne
s’abaissent pas à dissimuler leurs opinions et leurs projets. Ils proclament
ouvertement que leurs buts ne peuvent être atteints que par le renversement
violent de tout l’ordre social passé. Que les classes dirigeantes tremblent à
l’idée d’une révolution communiste ! Les prolétaires n’y ont rien à perdre que
leurs chaînes. Ils ont un monde à y gagner. » (1)
« Entre la société capitaliste et la société communiste, se situe la
période de transformation révolutionnaire de l’une en l’autre. À cette période
correspond évidemment une phase de transition politique, où l’État ne saurait
être autre chose que la
dictature révolutionnaire du prolétariat » (2).
« Pourquoi combattrions-nous pour la dictature du
prolétariat, si le pouvoir politique était impuissant à intervenir dans
l’économie ? La violence, c’est-à-dire la puissance de l’État, est aussi une
force économique. » (3)
« Le philistin social-démocrate a été
récemment saisi d’une terreur salutaire en entendant prononcer le mot de
dictature du prolétariat. Eh bien, messieurs, voulez-vous savoir de quoi cette
dictature a l’air ? Regardez la
Commune de Paris. C’était la dictature du prolétariat. » (4)
« « La dictature du prolétariat, c’est
la guerre la plus héroïque et la plus implacable de la classe nouvelle contre
un ennemi plus puissant, contre la bourgeoisie dont la résistance est décuplée
du fait de son renversement », que « la dictature du
prolétariat est une lutte opiniâtre, sanglante et non sanglante, violente et
pacifique, militaire et économique, pédagogique et administrative, contre les
forces et les traditions de la vieille société ». (5)
« Quiconque reconnaît uniquement la lutte des classes n’est pas
pour autant un marxiste ; il peut se faire qu’il ne sorte pas encore du cadre
de la pensée bourgeoise et de la politique bourgeoise. Limiter le marxisme à la
doctrine de la lutte des classes, c’est le tronquer, le déformer, le réduire à
ce qui est acceptable
pour la bourgeoisie. Celui-là seul est un marxiste qui étend la reconnaissance
de la lutte des classes jusqu’à la reconnaissance de la dictature du
prolétariat. C’est ce qui distingue foncièrement le marxiste du vulgaire
petit (et aussi du grand) bourgeois. C’est avec cette pierre de touche qu’il faut
éprouver la compréhension et la reconnaissance effectives du marxisme. »
(6)
« …la dictature du prolétariat est la domination du prolétariat sur la
bourgeoisie, domination qui n’est pas limitée par la loi, qui s’appuie sur la
violence et jouit de la sympathie et du soutien des masses laborieuses et
exploitées. » (6)
« En éduquant le parti ouvrier, le
marxisme éduque une avant-garde du prolétariat capable de prendre le pouvoir et
de mener le peuple tout entier au socialisme, de diriger et d’organiser
un régime nouveau, d’être l’éducateur, le guide et le chef de tous les
travailleurs et exploités pour l’organisation de leur vie sociale, sans la
bourgeoisie et contre la bourgeoisie.
Au contraire, l’opportunisme régnant
éduque, dans le parti ouvrier, des représentants des travailleurs les mieux
rétribués qui se détachent de la masse : ils « s’accommodent » assez
bien du régime capitaliste et vendent pour un plat de lentilles leur droit
d’aînesse, c’est-à-dire qu’ils abdiquent leur rôle de chefs révolutionnaires du
peuple dans la lutte contre la bourgeoisie. » (6)
« L’Internationale Communiste est
d’avis que, surtout à l’époque de la dictature du prolétariat, le Parti
Communiste doit être basé sur une inébranlable centralisation prolétarienne.
Pour diriger efficacement la classe ouvrière dans la guerre civile longue et
opiniâtre, devenue imminente, le Parti Communiste doit établir en son sein une
discipline de fer, une discipline militaire. L’expérience du Parti Communiste
russe qui a pendant trois ans dirigé avec succès la classe ouvrière à travers
les péripéties de la guerre civile, a montré que sans la plus forte discipline,
sans une centralisation achevée, sans une confiance absolue des adhérents
envers le centre directeur du Parti, la victoire des travailleurs est
impossible. » (7)
______________
(1) Marx et Engels : Le Manifeste du Parti Communiste
(2) Marx et Engels : Critique du programme de Gotha
(3) Engels à Conrad
Schmidt, 27-10-1890.
(4) Engels : Introduction à LA GUERRE CIVILE EN FRANCE 1891
(5)
(Lénine : La
Maladie infantile du communisme, t. XXV)
(6)
(Lénine : “L’État et la révolution”
(7) (KOMINTERN – 2eme Congrès – Résolution sur le rôle du Parti Communiste dans la révolution
prolétarienne – 1920).
( à suivre --------- » suite 3)