Je revins sur ce sujet, excusez moi. L’actualité va vite.
Sans
nous départir du pessimisme de fond exprimé par cet article, nous pouvons admettre que la lutte
contre les paradis fiscaux, autrement dit contre le secret bancaire, semble
progresser rapidement au niveau de l’Europe. Merci Cahuzac !
De ce point de vue, un changement important s’est fait ces
derniers jours, puisque le Luxembourg s’est dit favorable à
l’échange automatique d’informations entre les pays européens,
grâce auquel par exemple un Français qui ouvre un compte à
l’étranger sera aussitôt signalé auprès de l’administration
fiscale. La mesure ne serait pas d’application immédiate, mais elle
fera réfléchir dès maintenant les titulaires de comptes non
déclarés. L’Autriche devrait suivre.
Il faut espérer qu’au sein
des 27, y compris en Grande Bretagne et à Monaco, la même décision
sera rapidement prise. Concernant le reste du monde, les Etats
européens devraient mandater la Commission européenne pour
qu’elle renégocie les conventions fiscales avec le reste du monde,
en priorité avec la Suisse. Or celle-ci a déjà fait savoir qu’elle
ne pourrait refuser à l’Union européenne ce qu’elle a accordé
aux États-Unis. Ceci ne veut pas dire que les paradis fiscaux
disparaîtront rapidement et partout, notamment dans les parties du
monde dont ils font la prospérité artificielle, mais un mouvement
est lancée.
Restera évidemment à renforcer, au niveau des Etats, les moyens
des services fiscaux et de police luttant contre la fraude fiscale,
le rôle des juges en ce domaine et la coopération internationale
entre les services. On peut espérer que les lanceurs d’alertes, tels
les Offshore Leaks, entre autres, continueront à jouer leur rôle.
Alain Finkelkraut a osé parler de la mise en place d’une société
des corbeaux. Il montre ainsi son irresponsabilité voire sa
complicité.