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Commentaire de JL

sur La novlangue néolibérale, ou la rhétorique du fétichisme capitaliste


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JL JL 2 juin 2013 12:39

Pour prolonger cet article, j’ai pensé que ce texte que j’ai proposé en modération et n’a pas été retenu aurait sa place ici

’’ Humpty Dumpty :
- C’est de la gloire pour toi !
- Je ne comprends pas ce que tu veux dire par gloire, répondit Alice.
Humpty Dumpty sourit d’un air dédaigneux,
- Naturellement que tu ne le sais pas tant que je ne te le dis pas. Je voulais dire : c’est un argument décisif pour toi !
- Mais gloire ne signifie pas argument décisif, objecta Alice.
- Lorsque j’utilise un mot, déclara Humpty Dumpty avec gravité, il signifie exactement ce que j’ai décidé qu’il signifierait ; ni plus ni moins.
- Mais le problème dit Alice, c’est de savoir si tu peux faire en sorte que les mots signifient des choses différentes.
- Le problème dit Humpty Dumpty, est de savoir qui commande, c’est tout ! ’’

Charles Dogson alias Lewis Carrol avait tout compris.

Je propose ici cette hypothèse : La Perversion Narcissique est comparable à une maladie auto-immune en ce sens que le patient ne reconnait pas sa maladie ; et différente en ce sens que le malade soutient que c’est l’Autre qui souffre.

Que le malade ne reconnaisse pas sa maladie n’est pas à démontrer, et le lien avec les maladies auto-immunes est peut-être à considérer à fronts renversés, le subconscient par exemple étant vu dans le rôle du système immunitaires (je ne m’aventurerai pas davantage sur ce terrain que je ne connais pas).

Quand le malade soutient que c’est l’Autre qui souffre, il n’a pas tort, mais il ne s’agit pas de la même souffrance : On souffre d’une maladie, et on souffre moralement ou physiquement des conséquences induites par la maladie. Mais si dans les maladies classiques ces deux types de souffrances affectent un seul et même patient, en revanche la perversion narcissique les répartit dans deux types de souffrants : les malades et les victimes. Ce clivage est bien évidemment à mettre en parallèle avec la construction sur le mode clivé de la personnalité narcissique dont il est l’une des conséquences caractéristiques.

Cette rupture de lien entre la réalité et l’imaginaire du pervers narcissique - inversion sur la désignation du malade - est la raison de la rupture du lien entre la réalité et son discours (le niveau symbolique) en même temps qu’il est la cause de ce que sa communication est impossible avec autrui autrement que dans un rapport de domination, ceci expliquant cela : dans un débat d’idée, quand il n’apparait pas comme étant ’’Celui qui sait’’ tel qu’il se le figure dans son imaginaire, et du fait qu’il est amené à bousculer le symbolique pour rétablir sa position de sachant, le pervers narcissique a recourt à toute sortes de stratégies pour faire taire son opposant. Il passe alors d’une stratégie basée sur les arguments d’autorité - il est le sachant - à une stratégie d’attaques ad hominem, et en dernier recours à une stratégie de menaces voire plus.

Si d’aventure le PN se trouve en position de souffrir à cause de son affection, c’est indirectement et par effet boomerang, quand à l’instar du vampire exposé à la lumière, il est exposé à un discours qui révèle impitoyablement son image réelle, une image qui l’effraye, il se réfugie dans la victimisation : victime du discours de l’autre, il se pose alors en victime du porteur du discours.

C’est du fait notamment de cette identification aux victimes que les plus manipulateurs d’entre les pervers narcissiques sont amenés à soutenir paradoxalement que les victimes des manipulateurs ont une intelligence supérieure à la moyenne. Ce faisant, ils séduisent les victimes authentiques, leurs proies, lesquelles s‘attachent à eux comme l‘otage à son ravisseur, le mot est ici parfait : l’otage comme le séduit sont littéralement ravis.

Pour illustrer mon propos, je vais analyser ci-après deux exemples.

Exemple 1. Un intervenant autoproclamé grand chasseur de manipulateurs écrit à l‘auteur d‘un article qui a généré une grande échauffourée : ‘’Merci pour avoir laissé ce « dialogue de sourd » se poursuivre jusqu’à sa conclusion, car nous avons là un bel exemple d’erreur d’interprétation. »

Exemple 2, ce même grand chasseur de manipulateurs, écrit sous un autre fil conflictuel : « Les ‘expérimentations’ qui ont été menées ces derniers jours ont été très riches d’enseignement et rejoignent votre article ».

Maintenant pour conclure, quel sens pouvons nous donner à ces allusions à des expérimentations pour qualifier des articles qui ont rencontré de fortes oppositions et qui ont été marqués par la diabolisation récurrente des opposants autant que par les éloges indécents d’excès prodigués aux alliés ?

Ceci : n’ayant pas pu venir à bout de ses opposants l’auteur de ces allusions a changé de stratégie, et sur le mode de la célèbre formule de Cocteau a déclaré implicitement, c’est le sens du mot expérimentaions : « puisque ces choses là nous dépassent, feignons de les avoir organisés ».

Les autres manipulent, lui se livre à des expériences ! Nuance. Son imaginaire est préservé et sa face est sauvée, en dépit du Symbolique qui en a pris un sacré coup.

Pour illustrer cette manière de maltraiter le Symbolique, cette belle citation extraite d’Alice au pays des merveilles est ce que j’ai trouvé de plus pertinent :


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