Le 13 juin 2013, les associations d’élus ont été
reçues par le Ministère de l’Education nationale sur le délicat problème du
financement de la réforme des rythmes scolaires. En effet, à un mois des
vacances d’été, les communes qui ont décidé de passer aux quatre jours et demi
de classe en primaire dès septembre n’ont toujours aucune garantie sur le
financement promis par le ministère.
En novembre, le chef de l’Etat avait annoncé la
création d’un fonds de 250 millions d’euros, incitation financière pour que les
communes adoptent la semaine de quatre jours et demi dès la rentrée 2013 :
50€ pour chaque enfant plus 40€ si la commune est en DSU cible ou DSR cible
(dotation de solidarité urbaine /rurale) en 2013 plus 45€ pour 2014 pour ces
dernières. Quant aux communes qui se lancent en septembre 2014, il était prévu
0€.
Non seulement cette carotte promise n’a pas eu
l’effet escompté puisqu’à peine 20% des communes ont opté pour ces nouveaux
rythmes en 2013, mais surtout l’Etat se demande où trouver l’argent pour
abonder ce fonds d’amorçage de la réforme, au moment même où les élus sont en
train de recruter des intervenants pour organiser au mieux les nouvelles
activités périscolaires.
Bien que les sommes en jeu soient bien moindres que
si l’ensemble des communes avait adopté la réforme dès 2013, (20 à 25% des
élèves du primaire seront concernés et les écoles privées ne seront pas
subventionnées) ce qui demande un effort financier de 28 millions d’euros au lieu
des 250 de départ, Vincent Peillon annonce que « Les moyens seront bien
notifiés et versés en 2013 »…..mais qu’un « arbitrage est en cours à
Matignon » pour savoir qui finance.
Dans un premier temps, l’Education Nationale s’est
tournée vers la CNAF pour trouver l’argent pour amorcer ce fonds, ce que son
président, Jean-Louis Deroussen a refusé. Au final, l’Education Nationale
financerait seule le fonds d’amorçage pour 2013 de 28 millions d’euros et le
financement se ferait ensuite de concert avec la CNAF en 2014. Autre
difficulté, la CNAF a une règle intangible : elle ne finance pas les
activités gratuites. Ce qui signifie que soit une dérogation pourra être
envisagée, soit les mairies devront faire payer les activités périscolaires
afin de pouvoir bénéficier de subventions CNAF.
D’autre part,
le financement promis en septembre 2013 serait versé en deux temps, la
plus grosse part lors du second versement, ce qui revient à demander aux
communes d’avancer les fonds.
Enfin, le Conseil d’Etat vient de rejeter le projet
de décret sur l’assouplissement des taux d’encadrement périscolaire dans le
cadre des projets éducatifs territoriaux, ce qui va encore alourdir la facture
des communes concernées.
Pour terminer, l’Etat vient peut-être de solutionner les problèmes financiers de la
réforme de Vincent Peillon. En effet, un partenariat entre l’Etat et Total
vient d’être signé : 4 millions d’euros
seront affectés par le groupe pour « accompagner la grande réforme
des rythmes scolaires dans le premier degré ». Par cet accord-cadre,
Vincent Peillon montre ainsi la solution aux communes asphyxiées financièrement
par le transfert de charges découlant de son décret.