Le gouvernement Ayrault, pour pallier le déficit de
la branche retraite de la Sécurité Sociale, prône une nouvelle réforme
dans la droite ligne de celles de 1993, 2003 et 2010, avec les mêmes
impacts nocifs pour les salariés. Sans reprendre l’ensemble des
propositions du rapport Moreau, le projet prévoit deux axes pour de
nouvelles rentrées d’argent : l’augmentation du temps de cotisations,
passant des 41 ans et un trimestre prévus par la réforme Woerth de 2010 à
43 ans pour toutes les personnes nées après 1973 ; l’augmentation de
0,3% des cotisations salariales d’ici 2017 pour tous.
Ces deux propositions vont être un nouveau coup
porté au pouvoir d’achat des salariés, déjà mis à mal par les politiques
d’austérité (stagnation et baisse des salaires nets, augmentation des
taxes et impôts des salariés et retraités...). En effet, la hausse des
cotisations signifie une baisse directe du salaire
net des salariés. Et l’allongement du nombre d’annuités à 43 ans
impactera automatiquement le niveau des pensions et retraites versées à
terme. Le fait de ne pas toucher l’âge légal de départ à la retraite (62
ans) est pour la plupart des salariés un leurre : qui peut croire en
effet que les salariés pourront partir à cet âge en ayant leurs 43
années de cotisation ?! Avec une décote plus importante les salariés
devront choisir : ou travailler après l’âge de la retraite ou partir
avec moins d’argent.
A cela s’ajoute la non revalorisation généralisée
des salaires : gel du point d’indice des fonctionnaires depuis 2010 qui
se poursuivra en 2014 voire 2015, SMIC relevé à minima sans aucun « coup de pouce », accords salariaux à minima dans la plupart des entreprises du privé...
En parallèle, les chiffres du chômage augmentent
toujours (27e mois de hausse), la précarité continue de se répandre avec
le recrutement de nouveaux précaires aussi bien dans le public que dans
le privé. Alors que l’on nous refait à chaque fois le « cout du travail », l’on ne nous parle jamais du coût de l’actionnaire et du capital.
L’on nous répète qu’il manque 20 milliards pour les retraites, pourtant l’argent existe :
⇒ 200 milliards d’euros : c’est le montant de la richesse créée par le travail, détournée chaque année des salaires vers les profits, depuis 30 ans,
⇒ 330 milliards d’euros : c’est le montant des
richesses cumulées par les 500 plus grosses fortunes de France en 2013,
en progression de 25 % par rapport à l’année 2012,
⇒ 40,9 milliards d’euros : c’est le montant des
dividendes versés aux actionnaires des entreprises du CAC 40 en 2012, en
augmentation de 5 % par rapport à 2011,
⇒ 200 milliards d’euros : c’est le montant cumulé des aides publiques, déversées chaque année aux entreprises, sans contrôle ni contrepartie.
⇒ 30 milliards d’euros : c’est le montant des exonérations de cotisations sociales patronales accordées chaque année aux patrons.
⇒ 80 milliards : c’est le niveau de la fraude et de l’évasion fiscale.
⇒ 10 milliards : ce sont les ressources en
cotisations sociales aux horizons 2020 qui pourraient être atteintes en
appliquant l’égalité salariale entre les femmes et les hommes (pour
rappel les salaires des femmes sont inférieurs de 27% à ceux des
hommes).
Alors que les profits, notamment des grands groupes, explosent, que les fortunes les plus insolentes s’affichent, et que les caisses du patronat sont pleines
il est indispensable d’exiger une autre répartition des richesses
et d’imposer, par la mobilisation ou tout autre moyens un rapport de
force afin de récupérer notre dû, car la bourgeoisie, le capital et le
Medef ne nous ferons aucun cadeaux, et nous n’aurons que ce que nous
prendrons ...
Conscience Citoyenne Responsable
Et toujours le dossier spécial retraites ici, à consulter et à diffuser sans modération
Et concernant les differences fondamentales entre la repartition et la capitalisation :
http://2ccr.unblog.fr/2013/09/07/retraite-par-repartition-ou-par-capitalisation/