Au moment où j’écris ces quelques lignes, les sociaux-démocrates, les
Grünen et le parti de gauche Die Linke totalisent plus de voix que
l’Alliance chrétienne-démocrate d’Angela Merkel (42,6% contre 41,7%).
Pourtant, la plupart des observateurs tablent encore sur une
éventuelle majorité de sièges au Bundestag pour le parti de la
chancelière.
Warum ? Cette bizarrerie tient à deux facteurs : le score des « petites »
formations induit que nettement moins que 50,1% suffirait pour décrocher
le jackpot ; par ailleurs, le SPD de Peer Steinbrück (25,6% selon les
dernières estimations) et les Verts, dotés pour l’heure de 8,4%,
écartent toute coopération gouvernementale avec Die Linke (avec 8,6%, la
troisième force politique du pays), considérée comme trop « radicale »
avec ses revendications de sortie de l’OTAN et d’un salaire minimum de
dix euros, tous secteurs confondus. En Allemagne comme chez nous, les
« roses » et les « verts de gris » constituent bien une « deuxième droite »
(1)...
Pour la première fois depuis la création de la République fédérale
(le 23 mai 1949), les « libéraux » du FDP n’atteignent pas les 5%
nécessaires pour envoyer des députés dans la chambre berlinoise.
Je reviendrai plus largement sur le scrutin législatif outre-Rhin lorsque je disposerai du résultat définitif.
(1) Titre de l’excellent essai de Jean-Pierre Garnier et Louis
Janover, réédité fin avril 2013 chez Agone à Marseille (336 pages, 20
euros). Sortie originelle chez Robert Laffont en février 1986.
René HAMM
Bischoffsheim (Bas-Rhin)
http://www.bellaciao.org/fr/spip.php?article137198