@ Sarah
Ave retard, je vais tenter de mieux me faire comprendre mais ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit... J’ai parlé du ressenti général, chacun pouvant interpréter ce témoignage dans le sens qui lui convenait. Je ne m’adressais pas à l’auteure. Je ne juge pas, c’est son choix de raconter son histoire douloureuse parce que oui, des fois, le regret est là. D’autres lui répondront que pour elles, ce fut un soulagement.
Moi-même, j’ai une amie qui chaque année à date fixe de « l’anniversaire de l’avortement » pense à l’âge qu’aurait son enfant s’il avait vécu, c’est donc un traumatisme pour elle, j’en connais une autre absolument soulagée et qui n’a jamais rien regretté, je me souviens d’une camarade de classe lors de mes (lointaines) années lycée qui avait avorté trois fois et personnellement, je n’ai jamais compris comment elle avait pu en arriver là sans que ses parents divorcés ne courent chez le psy pour essayer de comprendre le problème. Ce n’était pas un manque d’accès à la contraception (le planning familial était au beau fixe) ni d’argent, ses parents étaient plein aux as. J’ai trois autres histoires encore mais cette fois concernant des proches, je n’irai pas plus loin à part pour dire que pour l’une, malgré la solitude, elle a préféré se retrouver « fille mère » comme on dit. Et pourtant celle-ci n’avait pas un radis. Cela fait donc six trajectoires différentes dont cinq ont suivi le même protocole... et ont avorté.
C’est l’hypocrisie du gouvernement que je dénonçais !
Rappel de la
problématique : est-ce que la notion de
« situation de détresse », empêche des femmes
d’avorter aujourd’hui ?
Réponse : toutes ont évidemment le petit entretien
obligatoire de circonstance, c’est la procédure normale mais le résultat est le
même pour chacune. Qui sommes-nous pour juger de ce que ces femmes doivent
faire ? Je le redis : les femmes ne vont pas se faire avorter en
rigolant...
Quelques uns jugent nécessaire par principe ce garde-fou, qu’il paraisse inutile ou pas sur le fond. Au contraire le gouvernement lui veut au moins :
- faire des économies dans les centres d’IVG en supprimant la
notion de détresse
- promouvoir une certaine idée de
« l’émancipation » de la femme -mais personne n’est dupe, il préfère
brasser du vent plutôt que d’augmenter les salaires et donner du travail aux
chômeuses
- accélérer un changement sociétal en modifiant nos perceptions
et cerise sur le gâteau, détourner notre attention des problèmes
cruciaux en nous incitant à activer nos « barricades psychologiques »
de préférence sur les catholiques, le seul bouc émissaire dont la religion
enjoint de tendre l’autre joue quand le croyant se prend une claque. Et il
faut avouer que celui-ci plonge à fond dans le piège !
Quand on regarde ça de l’extérieur, on se dit que l’intox marche
très bien. Personne n’a par ex consulté le projet de loi chez les Espagnols mais il
fait grimper aux rideaux grâce à des mensonges diffusés partout y compris dans
le journal « Le Monde »...
Bizarre, bizarre ! Si c’est une promesse électorale en France
de faire « le mariage pour tous », il faut s’incliner mais si en
Espagne, c’est une promesse de campagne qui concerne des modifications sur les
conditions de l’avortement par des gens élus en conséquence, celle-là n’est pas
légitime ! Je me trompe peut être mais à première vue, il semblerait pourtant qu’en Espagne, le
souhait est plutôt d’introduire cette fameuse notion de détresse qui n’existait
pas. Et le pays est si peu rétrograde au vu de l’intégration des
couples homosexuels qu’on l’imagine mal tombant cette fois dans la régression sur la
question de l’avortement...
Hé oui dans les faits, l’idée est d’introduire la notion
de « détresse morale » jusqu’à 22 semaines de grossesse (wouah, ça
c’est rétrograde en comparaison de notre législation ????). En bref, comme
la « détresse morale » est le propre de toutes femmes venant
avorter, il n’y aura aucun chamboulement chez eux !
En France du coup, c’est l’inverse ! Histoire de faire le
buzz (et de nous obliger à écrire des commentaires longs comme le bras),
d’égratigner aussi un peu plus l’image des cathos (les ont bien dans le
collimateur), ils décident de supprimer la notion de détresse !
Et que lit-on aujourd’hui partout dans les médias ? Que les méchants intégristes veulent supprimer le droit à l’avortement. Des intégristes il y en a toujours eu mais en général, on ne parle pas d’eux à longueur de temps. En revanche, j’ai cru comprendre que le « combat » des cathos (excusez-moi ce n’est pas une injure mais le terme devient généraliste) portait bien en réalité sur la notion de détresse qu’ils ne veulent pas voir supprimer. Cependant ils sont présentés comme des opposants, les ennemis du droit à
avorter... Avouez que c’est radical et empêche tout questionnement y compris
pour les laïcs.
Sous peine de se voir accusé d’être un réactionnaire même s’il n’a
jamais mis les pieds à l’église, le laïc ne doit pas moufter de peur de passer
dans « l’autre camp » ! C’est dans ce sens là que je disais que c’est très fatigant de supporter un faux débat car « notion de détresse » ou pas, le résultat est le même depuis toujours dans les centres IVG ! Et le gouvernement le sait mais le transforme en guerre version défense de la république contre la religion comme si tout devait être ramené à ça !
Pendant ce temps, « les affaires » continuent, c’est affligeant de constater que les gens se laissent instrumentaliser aussi facilement !