POUR INFO .....
http://www.cgt.fr/Thierry-Lepaon-ecrit-a-Roger.html
Rencontre entre le CRIF et la CGT
Thierry Lepaon écrit à Roger Cukierman
vendredi 31 janvier 2014
Suite à la rencontre entre le CRIF et la CGT
du 28 janvier dernier et la référence qui en est faite sur leur site,
voici le courrier que Thierry Lepaon a adressé ce jour à Roger
Cukierman, Président du CRIF.
Monsieur le Président,
Je suis très étonné de découvrir un compte-rendu à la fois partiel et
erroné de la rencontre que nous avons eue avec vous-même et des
représentants de votre association. Rappelons que cette rencontre
faisait suite à une invitation de votre part afin d’évoquer les
questions d’actualité et notamment la question de la montée de l’extrême
droite et notre inquiétude commune face aux relents d’antisémitisme,
d’islamophobie et plus globalement de racisme dans notre pays.
Sur la méthode d’abord, lorsqu’une rencontre de ce type est prévue
avec des dirigeants de la CGT et notamment le Secrétaire général, il est
d’usage de nous faire part au préalable de l’intention de rendre compte
publiquement de l’échange et d’en faire vérifier le contenu par les
participants. Ce manque de rigueur de la part d’une organisation comme
le CRIF est de nature à entacher une relation de confiance entre nos
organisations.
Cette démarche aurait permis de corriger une grave inexactitude dans
les propos que vous me prêtez concernant la position de la CGT vis-à-vis
de la campagne BDS (Boycott Désinvestissement Sanction).
En l’occurrence, je n’ai fait que confirmer que la CGT ne s’inscrivait
pas dans la campagne BDS. En revanche, la CGT n’a jamais condamné ni ce
mouvement ni ses acteurs dont certains sont d’ailleurs des adhérents de
la CGT.
Le titre de l’article « La CGT condamne le BDS » posté sur votre site
sous la rubrique « Le CRIF en action » me paraît relever d’une
intention qui n’est pas respectueuse à l’égard de la CGT et de ses
prises de positions.
Je vous demande donc de le supprimer.
Afin qu’il ne subsiste aucune ambiguïté sur ce sujet, je me permets de
vous rappeler brièvement la position de la CGT et les actions qu’elle
mène, aussi bien en faveur de la paix entre les peuples israéliens et
palestiniens que de la liberté d’expression des militants du BDS en
France.
Ces actions s’inscrivent dans la solidarité de la CGT à l’égard des
travailleurs de tous les pays et en faveur de la paix dans le monde.
Elles partent du constat de la situation dramatique de la Palestine qui
s’enracine dans l’occupation illégale des territoires conquis par Israël
et le renchérissement de sa politique de colonisation. La CGT a
toujours œuvré aux côtés de celles et de ceux qui se mobilisent pour la
paix, en Israël comme en Palestine. Elle entretient des contacts
syndicaux avec les travailleurs de cette région et c’est en lien avec
ces organisations syndicales qu’elle recherche les moyens les plus
efficaces et participe aux campagnes en faveur d’une paix juste et
durable au proche-orient.
C’est le sens de la délégation conduite par Bernard THIBAULT en
février 2013 en Palestine, à Gaza et en Israël.
Forts de cette approche, nous considérons que le boycott global d’Israël
ne favorise pas cette stratégie de paix et la coexistence de deux
Etats, l’Etat Palestinien et l’Etat d’Israël. Par contre, la CGT
s’inscrit totalement dans la campagne d’interdiction des produits
fabriqués dans les colonies et dans l’obligation de transparence sur
l’origine des produits israéliens destinés à l’exportation afin que
l’Etat d’Israël soit contraint de respecter le droit international.
Enfin, je vous rappelle que la CGT, par la voix de Bernard THIBAULT,
alors Secrétaire général, est signataire de l’appel initié par Stéphane
HESSEL pour la relaxe des militants poursuivis pour leur participation à
des actions de boycott. Ce soutien a été renouvelé le 17 décembre
dernier, par une délégation de la CGT, de la LDH, de l’AFPS et de
parlementaires auprès de la Ministre Christiane TAUBIRA demandant le
retrait des circulaires Alliot-Marie et Mercier.
Je tiens à vous préciser que je rendrai ce courrier public et vous prie
d’agréer, Monsieur le Président, mes salutations distinguées.
Thierry Lepaon
Secrétaire général de la CGT