Cet excellent article, plein de retenue
et de pudeur, très bien écrit, décrit parfaitement les ravages
d’une idéologie d’un autre temps. une idéologie totalement dépassée
et démagogue dont le seul effet est de contribuer à anéantir ce
qui fait la force principale d’un peuple : sa cohésion culturelle et
sociale.
Une cohésion en déliquescence que des
moyens financiers sans fond associés à une exacerbation de moyens
de contrôle social (police, justice, législation liberticide...) et
mentaux, des techniques de propagande initiées massivement dès la
maternelle et omniprésentes tout au long de la vie grâce aux armées
d’occupation psychiques que sont les médias dominants, n’arrivent
plus à assurer.
Ce saccage d’une partie de nos
territoires mentaux et géographiques n’est pas de la responsabilité
de votre maire : celui-ci n’est que l’avatar d’une idéologie qui a
pu avoir ses heures de gloire et de nécessité après la seconde
guerre mondiale et dans les années de croissance mais dont le
logiciel grippé est aujourd’hui complètement dépassé.
Comme vous, j’ai vécu plus de dix ans,
exactement la même situation, dans une quartier que l’on dit - bel
euphémisme - sensible. La seule différence et elle est notable,
c’est qu’au prix de sacrifices financiers exorbitants, j’ai eu la
chance d’en sortir... Mais pour combien de temps, les zones
’sensibles’, ne cessant de s’étendre autour et dans les grandes
villes, et maintenant, on peut le constater, dans certaines
campagnes.
Pendant plus de dix ans, jusqu’à que
je craque, jusqu’à que ma santé mentale parte en quenouille, ayant
au quotidien bien observé et bien subi la situation, j’ai fini par
comprendre ce que l’on ne m’expliquait jamais dans les médias dont
le racisme bien pensant les rend incapable de d’envisager certains
immigrés comme des êtres humains à part entière, c’est à dire
comme des êtres humains susceptibles de domination, de prise de
pouvoir, de maltraitance sur autrui et de prise de contrôle
culturelle. J’ai donc compris que ce n’était pas parce que l’on
était immigré que l’on était systématiquement victime. J’ai
compris que dans les quartiers s’exerçaient des techniques de
domination, de mise en coupe réglée du voisinage, de la cage
d’escalier, de la rue, du sommeil des voisins, de leur santé mentale
qui n’ont rien à envier aux pires techniques de domination de la CIA
et consort. Des techniques de prise de pouvoir de pauvres, certes.
Mais qui n’en sont que plus redoutables pour les autres : prise de
pouvoir par saturation démographique, prise de pouvoir mentale dans
les classe ou vont vos enfants et où toute velléité de réussite
est brisée par la violence physique et verbale, prise de pouvoir
devant votre porte d’entrée que vous ne pouvez plus que passer comme
un check point, prise de pouvoir sur vos nuit qui commencent au mieux
à 3 heures du matin... Avec pour les récalcitrants et comme vous le
décrivez si bien dans votre article, le risque de sanction
permanente et aléatoires : véhicule dégradé à de nombreuses
reprises parce que je n’étais pas assez coopératif, véhicule
utilisé comme salon nocturne retrouvé dégueulasse tous les matins,
installation à demeure devant ma porte d’entrée et ce toute la
nuit, pour me montrer qui a le pouvoir, des ’nike la police’ tagués
sur tous les murs qui viennent d’être repeints (et on nous parle du
manque d’investissement dans les quartiers...)..., l’odeur
insupportable d’urine dans les cages d’escaliers.... Non, non, ce
n’est pas qu’à la télé qu’on voit ça. Pour les habitants, c’est
tout le temps et partout...
Et quand je vois les posts disant qu’il
faut partir, ça me fait rire ou pleurer :
Partir ?
- faut-il encore le pouvoir et si l’on
peut, ça veut dire consacrer pour la plupart des franciliens, des
sommes astronomiques à louer ou à acheter dans des zones souvent
inabordables...
- partir, c’est aussi le sentiment
vague et désagréable de la défaite, qu’ils ont gagné. Partir
c’est aussi accepter que nos territoires où l’on peut se sentir
bien, ne sont plus, en région parisienne notamment, que des îlots
protégés et de plus en plus réduits (pour combien de temps encore)
par la barrière invisible du porte feuille.
Alors, oui, et à quel prix, à quel
coût quotidien, j’ai réussi, chanceux, à partir. Je suis parti
avec le sentiment désagréable d’avoir laissé sur place ceux qui ne
pouvaient pas partir, et avec la certitude que désormais et comme je
le constate un peu plus tous les jours, que les lieux de cohésion
sociale sont et seront en France de plus en plus restreints. Partir
pour transformer les français, en exilés intérieurs...
j’ai suivi le même parcours que vous
et aujourd’hui, je dénie à quiconque qui n’a pas vécu, dans sa
chair, dans son quotidien, la même situation, le droit de me faire,
ne serait-ce qu’un soupçon de morale ou de cours d’économie du
style : tout ça, c’est un problème social... Social peut-être mais
aussi et avant tout un problème humain. Un exemple : le 14 juillet :
2 fois dans mon quartier, au bout de 10 minutes on se faisait
agresser et on rentrait en vitesse à la maison. Par contre, le 14
juillet dans une petite ville encore cohérente... un vrai bonheur
avec des gens bon enfants et souriants...
Merci pour avoir donné intelligemment
la parole à tous ceux que l’antiracisme idéologique qui voit dans
le ’pauvre’ un être incapable de penser par lui même, car incapable
de penser tous les merveilleux bénéfices de cette fameuse
différence... Certes, mais comme toujours, tout est question de
mesure..