Voilà un bel hommage à votre « 93 », un peu nostaligque, mais réaliste. Vous êtes resté... Et, à nous, qui habitons les quartiers calmes ou le « 78 », cela semble suréaliste. Il y aurait donc de « vrais » citoyens dans le 93, et pas seulement des bandes de voyous qui vous dépouillent si vous avez le malheur de vous égarer dans ce no man’s land ? Nous en sommes donc là ! A réduire tout un département à un no man’s land. Vous avez bien fait de remettre les choses au point. Et ce cri du coeur m’a touché.
Reconstruire des villes avec des habitations dignes de ce nom, voilà un beau programme. J’adhère. Seule inquiétude au tableau : si les crédits étaient dégagés pour cet « assainissement » (ce mot a un sens positif, on est bien loin du « karcher » méprisant)ces familles nombreuses et déracinées nécissitant du « spacieux », où iraient-elles ? Comment pourrions-nous leur garantir d’être relogées dans ces nouvelles cités (au sens de la ville et non du ghetto) ? Parce que je les vois venir, avec leurs bonnes résolutions, nos ministres. Une fois la ville réhabilitée, la misère va une fois de plus être déplacée à la périphérie. De plus en plus loin de Paris. Et les quartiers s’embourgeoiser.
Débloquer des crédits, c’est possible. Réhabiliter le 93 c’est possible. Reloger tous ces gens mal lotis au même endroit, mais dans des conditions décentes, c’est donc possible aussi. Mais que faire des plus démunis, ceux qui n’ont pas même de quoi payer leur loyer en HLM ? Quel citoyen français acceptera qu’ils occupent un endroit « spacieux » aux frais du contribuable ? La solidarité n’étant, depuis bien longtemps, plus de mise dans notre pays dès qu’il s’agit de mettre la main au porte-monnaie, comment règlerons-nous le sort des plus pauvres, ou des moins intégrés ?
C’est cela qui m’inquiète. Réhabiliter, oui, mais si c’est pour repousser le problème plus loin, nous n’en sortirons pas.