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Commentaire de Rounga

sur ZEN et centres tibétains, pourquoi j'ai tout laissé tomber. Témoignage


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Rounga Rounga 15 octobre 2014 23:16

Je n’ai accordé à cet article médiocre qu’un commentaire lapidaire (mais fort synthétique), car d’une part je n’avais pas beaucoup de temps, et d’autre part je savais que je n’aurais aucune réponse de la part d’un auteur qui pense avoir tout compris. Cependant il ne faut jamais perdre une occasion de rappeler certaines vérités, telles que celles écrites plus haut par gaijin et gollum, car on peut toujours espérer qu’elles ne tomberont pas dans l’oreille d’un sourd.
L’attitude qui se révèle au travers de cet article m’évoque fortement celle d’un adolescent préférant Iron Man 3 à un film de Bunuel, au prétexte que dans ce dernier il n’y a pas d’effets spéciaux, qu’il y a zéro action, et que ça ne « pète » pas. Notre auteur, ne sachant pas apprécier le zen, qui est sans doute possible la pratique religieuse la plus sobre et la plus épurée du monde, allant droit à l’essentiel, se tourne vers des pratiques plus faciles, mais qui, au lieu d’apporter la libération, permettent simplement d’accéder à des états de conscience modifiés, autrement plus « planants » que la simple assise en zazen. Notre homme est déçu de ne pas trouver au sein des enseignants qu’il a rencontré quelqu’un qui pourrait lui faire connaître l’éveil, comme si c’était un dû du maître envers son disciple. Ce que Gnostic ne comprend pas, c’est que le zen est fondé sur la transmission. C’est-à-dire qu’avant qu’un maître donne le satori à un disciple, il faut que celui-ci soit mûr, comme un fruit prêt à tomber. Le maître n’est là que pour donner la pichenette qui va détacher le fruit de l’arbre. Cela explique, d’une part, que le disciple, fournisse de son côté un travail acharné, et ne soit pas dans l’attitude du client qui réclame son produit parce qu’il l’a payé, et d’autre part, que ceux qui ont eu le satori le taisent. Un pratiquant au sein d’un dojo qui atteindrait le satori et qui le dirait autour de lui provoquerait des dégâts immenses, car il perturberait grandement les autres disciples, qui viendraient lui demander inutilement des conseils. Le simple fait de dire qu’on a le satori prouve qu’on ne l’a pas eu, ce qui ramène à ce que disait Lao-tseu : « celui qui sait ne dit pas, celui qui dit ne sait pas ».
Si Gnostic a été dans le zen pendant trois ans, il a dû entendre parler de l’histoire de Tokujo. Tokujo, après avoir reçu le satori de son maître, se fit passeur, et attendit 30 ans de rencontrer le disciple à qui il pourrait transmettre la vérité ultime qu’il avait reçue. Quand arriva un homme du nom de Kassan, il sut que c’était l’homme qu’il attendait, et, à l’issue d’un mondo musclé, Kassan eut le satori. Mais parmi toutes les personnes qui étaient allées voir Tokujo pendant ces 30 ans, combien y eut-il de Gnostic qui se sont dit que ce vieux n’avait rien à leur apprendre ?


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