C’est vous le plaisantin.
L’interêt particulier ne se heurte pas à l’intérêt général ; c’est à chacun d’avoir la volonté de renoncer ET CELA POUR LE BIEN COMMUN. Mais dès l’instant où vous ne voulez pas, où vous n’adhérez pas, où vous n’êtes ni bienveillant ni conciliant, où vous haïssez la Fraternité, il est évident que cela ne peut se faire. Donc, ce n’est pas contourner le problème, c’est VOULOIR ; autrement dit être SOUVERAIN. Le degré ultime de la Liberté : l’abolition CONSENTIE, DELIBEREE, cONSCIENTE du Moi pour quelque chose de supérieur.
La France tire tout son prestige de cela ; d’avoir voulu ériger sous le ciel, par la pure volonté humaine, quelque chose d’aussi grandiose. C’est ce qui est dit dans le tableau de Delacroix et que tout le monde reconnait. C’est ce que dit Henri Heine dans ’de l’Allemagne’ ;c’est ce que le jeune Dostoïevski a rêvé de faire en Russie et qui lui valut le bagne. Etc.
Force est de constater qu’il est un idéal d’exception etqu’il ne peut exister. Trop exigeant, trop grand, trop beau. Les gens préfèrent être moches et leur milieu de vie est moche.
La Terreur tire son origine de cela. L’interêt général en péril devient salut public, on force par la dictature au respect de cela. Pour sauvegarder la République, empêcher qu’elle tombe entre les mains d’une faction qui imprimera sa tyrannie à tous.