@Jacques-Robert SIMON
Vous évitez la caricature du FN parti fasciste pourtant en vogue sur ce site, mais le constat que dressez n’est pas nouveau. Dommage que vous ayez commencé par « Le FN est peuplé de gens infréquentables » que je prends comme une boutade de mauvais goût. Cela n’apporte rien et ne reflète pas le corps de votre article. Cela a même dissuadé le collègue Garance de vous lire ! Je ne vous connais pas et je tiens à apporter quelques précisions afin que les choses soient claires. Je suis au Front national depuis l’arrivée de Marine à la présidence, son père n’est pas de ma génération et sa « réputation » m’avait tenu à l’écart d’un engagement politique. J’ai découvert le personnage à travers Marine, si je puis dire, qui n’est certainement pas le monstre caricaturé par les médias. Bref, si vous le tenez pour infréquentable à cause du « point de détail », ce n’est plus mon cas, mais ce n’est pas le sujet. Marine représente l’avenir du Front, ce qui n’enlève rien à la réalité historique.
La société postmoderne permet en effet de tout commercialiser et rendre toute activité monnayable pour atteindre l’extension maximale du marché. Vous n’êtes pas sans ignorer que les grandes avancées du capitalisme se réalisent toujours au nom des Droits de l’homme pour répondre aux droits égalitaristes accordés à telle ou telle tranche de la population. Je me souviens par exemple des propos de Bergé en 2012 qui ne sont ni plus ni moins que le masque du libéralisme intégral : « Nous ne pouvons pas faire de distinction dans les droits, que ce soit la PMA, la GPA ou l’adoption. Moi, je suis pour toutes les libertés. Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence ? C’est faire un distinguo qui est choquant ».
Ce que vous décrivez sans le nommer est en fait la logique républicaine, à coups de progrès et de normalisation qui fleurent bon le totalitarisme. Lorsque vous dîtes « vers population homogène tant du point de vue économique que culturel », vous tendez à sous-évaluer le projet qui ne consiste pas simplement à s’approcher par étapes successives du « Meilleur des mondes » d’Aldous Huxley, mais à le dépasser. L’UMPS a instauré le néolibéralisme en France, alliant d’un côté les libéraux au bon peuple libertaire de gauche, et tous les autres qualifiés de réactionnaires ou rétrogrades en les classant plus ou moins à l’extrême-droite selon leurs propres critères et leurs besoins. Il suffit d’être en désaccord avec la « société de progrès » (droite ou gauche) pour en hériter, le FN en première ligne, une spécialité de tout bon journaliste du système. Le discours légitime a été circonscrit au « politiquement correct » en bannissant tout ce qui s’éloigne du cadre républicain, cercle républicain, arc républicain, front républicain ou le fameux pacte républicain : « Nous sommes discrédités par les affaires et avons échoué à la tête de l’État par incompétence depuis quarante ans, mais vous n’avez pas le droit moral de voter pour quelqu’un d’autre ».