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Commentaire de Senatus populusque (Courouve)

sur Leur silence en dit long...


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Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 4 juillet 2015 18:49

@charlie :

Ne le prenez pas de si haut, vous risquez de vous faire mal en tombant.

En opposition à notre longue tradition de pensée rationaliste, en février 1979, 34 historiens français eurent ce que Paul Thibaud appela par la suite « un réflexe de cordon sanitaire »   ; ils annoncèrent publiquement leur refus de débattre :

"Il ne faut pas se demander comment, techniquement, un tel meurtre de masse a été possible. Il a été techniquement possible puisqu’il a eu lieu. [...] Il n’y a pas, il ne peut pas y avoir de débat sur l’existence des chambres à gaz." (Le Monde, 21 février 1979).

Dans cette liste, on pouvait relever les noms de :

A. Besançon, P. Chaunu, Monique Clavel-Levêque, M. Ferro (EHESS), François Furet (mort en 1997, mais revenu sur son refus de débattre en 1996), Y. Garlan (ENS), J. Julliard (ENS), E. Labrousse, J. Le Goff (ENS), Emmanuel Le Roy Ladurie (ENS), P. Levêque (ENS), Nicole Loraux (EHESS), R. Mandrou, Claude Mossé, J. Néré (ENS), Cl. Nicolet (ENS), Michelle Perrot (Paris-VII)  ;

Madeleine Rebérioux (depuis opposée à la loi Gayssot  ; selon cette ancienne présidente de la Ligue des Droits de l’Homme, "le concept de vérité historique récuse l’autorité étatique. L’expérience de l’Union Soviétique devrait suffire en ce domaine." ; le 21 septembre 1987, Yves Jouffa, alors président de la Ligue des droits de l’homme, écrivait à Charles Pasqua, ministre de l’Intérieur : « Nous ne pensons pas que la modification de l’article 24 alinéa 3 de la loi du 29 juillet 1881, tendant à créer un délit de négation des crimes contre l’humanité, soit de nature à faciliter la lutte contre certains écrits racistes. » Et d’ajouter : « Cela risque de poser de sérieux problèmes tant au regard de la liberté de la presse qu’au regard de la libre recherche universitaire ou historique. »

Maxime Rodinson, Lucette Valensi (EHESS), J.-P. Vernant, Paul Veyne (ENS),

Pierre Vidal-Naquet (EHESS, qui a cependant débattu confidentiellement avec R. Faurisson et S. Thion par la suite),

E. Will (ENS).

Ce refus d’examen – qui rappelle le trop péremptoire "il n’y a pas à ouvrir le débat" de François Mauriac, à l’occasion du tournage, en 1964, du film Les Amitiés Particulières – n’était pas plus admissible que la répression à l’encontre d’universitaires et de professeurs du secondaire du fait de l’application de la « loi Gayssot ».

Les historiens universitaires français compétents pour la période concernée, notamment Maurice Agulhon, Henri Amouroux, Henri Michel et René Rémond, qui n’étaient pas de la pétition anti-Faurisson, et les meilleurs de leurs thésards, auraient dû clarifier, mieux que cela ne l’a été tenté par le pharmacien de banlieue Pressac (Les Crématoires d’Auschwitz, Paris  : Presses du CNRS, 1993), les faits en discussion. Ils ne l’ont pas fait. Cela aurait été beaucoup plus efficace que d’interminables considérations – à la Florent Brayard ou à la Valérie Igounet – sur les origines, motifs et réseaux réels ou supposés des révisionnistes.


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