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Commentaire de Scual

sur Méthode pour faire baisser le chômage


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Scual 19 août 2015 09:42

Niveau zero en économie.

Ce qui se passe avec cette diminution des charges, c’est que ces dépenses passent du patron au salarié.

Les cotisations supprimées seront à votre charge. Vous aurez besoin de vous assurer vous même, de prendre des complémentaires de plus en plus chères etc... et cela pour des sommes bien plus élevées que l’augmentation salariale à laquelle vous avez eu droit. Actuellement on paie pour un service seulement, mais avec la privatisation de celui-ci puisque le besoin de ce service ne disparaitra pas par magie, il vous faudra pour continuer à jouir de ce service payer aussi des dividendes au secteur privé. En plus ces services seront fournis pour des sommes fixes qui ne sont plus en rapport avec le salaire afin de répartir le cout de manière juste dans la société. C’est à dire que pour compenser le fait que les haut salaires paieront beaucoup moins, les bas salaires devront payer beaucoup plus.

L’augmentation de salaire n’en est donc pas une et c’est même une baisse brutale de celui-ci puisque ce fric passe direct dans un nouveau budget familial bien supérieur à cette hausse qui était autrefois assuré par l’État et qui est désormais pour votre pomme en plus de vous demander du temps pour vous en occuper. A moins que vous puissiez vous passer de ce service, et que vous appréciez une société où les gosses ont des lunettes d’occase pas vraiment à leur vue et condamnés aux écoles prévues pour leur classe sociale, les gens avec les chicots tout pourris etc... comme aux USA quoi.

Économiquement la première chose que cela entraine est systématiquement une diminution général du niveau de vie et augmentation du chômage qui est due aux fonctionnaires virés quand l’État a cessé un partie de ses activités. Le pouvoir d’achat diminue donc d’autant contrairement à ce que dit cet article. Dans les faits les chiffres présenteront une augmentation de la consommation de ménages... mais cette augmentation ne sera rien de plus que les nouvelles dépenses pour ces services qui ne sont plus assurés par l’État. Bref ce pouvoir d’achat et ces dépenses dont parleront les journaux seront exclusivement ce que vous payerez pour des assurances ou complémentaires santé et pas un seul centime pour votre panier de supermarché bien au contraire. Les chiffres diront que vous dépensez plus mais pour vous, il sera on ne peut plus clair que vous aurez beaucoup moins d’argent. En réalité il s’agira rien de moins que d’une privatisation de l’impôt.

Dans un second temps, le fait que ces services passent au secteur privé créera certes quelques emplois mais... ils coutent bien plus cher et sont de moins bonne qualité. Les dépenses qu’il demanderont ne seront rien de plus qu’un transfert, c’est à dire que ce que vous dépenserez pour les acquérir ne sera pas de l’argent en plus, mais de l’argent pris sur d’autres dépenses. En clair la consommation réelle diminuera pour que vous puissiez consommer ces services à la place. L’équation prédite par cet article est donc fausse. Les patrons auront beau avoir un petit peu plus d’argent dans une premier temps, en échange ils perdront des clients qui rendra tout investissement inutile faute de marché porteur pour les rentabilisé... et au final la baisse de l’activité les amènera inévitablement à perdre tout ce qu’ils auront cru gagner et à virer plutôt qu’à embaucher.

En tout cas il n’existe pas de cas au monde où une privatisation n’a pas entrainé une augmentation des prix, une augmentation du chômage et soit une baisse de la qualité du service, soit une distorsion dans la manière dont il est fourni avec des gagnants et des perdants... qui perdent gros.

Mais s’il y a une chose à retenir par rapport à la propagande ultra libérale aveugle et même manipulatrice de cet article, c’est que l’article ne parle même pas de la seule conséquence de ce qu’il prévoit : la privatisation. il occulte totalement le fait que ces cotisations servent bel et bien à quelque chose. Il n’y a donc rien à retenir de cet article occultant tout les paramètres qui le dérangent pour que son équation obtienne le résultat voulu... Un brillant exemple que si l’économie est une science, le libéralisme n’est qu’une religion.


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