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Un document de la CIA, auparavant classé secret et non daté, mentionne que « Sukarno [souhaitait] revenir à la configuration d’avant-putsch. Il [refusait] d’accuser le PKI et le Mouvement de 30 septembre [du Lieutenant-colonel Untung] ; il [appela] plutôt à l’unité du peuple indonésien et [dissuada] les velléités de vengeance. Mais il ne [parvint] pas à empêcher l’armée de poursuivre ses opérations contre le PKI ; il [agit] même dans leur sens en nommant le général Suharto à la tête de l’armée. »
Suharto et le beau-père de « Barry » Obama Soetoro, Lolo Soetoro,
ignorèrent les appels de Sukarno à l’apaisement, comme le découvriraient
très vite les Indonésiens.
Le massacre des populations sino-indonésiennes par Suharto est évoqué
dans les documents de la CIA au travers de la description du parti
Baperki : « Les sympathisants du parti de gauche Baperki, très
implanté dans les zones rurales, sont majoritairement d’origine
sino-indonésienne. » Une note déclassifiée de la CIA, datée du 6
octobre 1966, démontre l’étendue du contrôle et de la supervision
exercés par la CIA dans le coup d’État contre Sukarno ; de nombreux
agents servaient d’intermédiaires avec les unités armées de Suharto
postées aux abords du palais présidentiel à Bogor et de diverses
ambassades dans tout le pays, dont le consulat des États-Unis à Medan.
Ce consulat surveillait les sympathisants de gauche dans cette ville de
l’île de Sumatra et, selon un mémo de la CIA du 2 octobre 1965, porta à
la connaissance de l’Agence le fait que « le consul soviétique disposait d’un avion prêt à évacuer les citoyens soviétiques de Sumatra. »
La note du 6 octobre recommandait également d’empêcher Untung de
recueillir trop de soutien parmi les populations de l’intérieur de l’île
de Java.
Un rapport hebdomadaire déclassifié de la CIA concernant l’Indonésie,
daté du 11 août 1967 et intitulé « Le Nouvel ordre en Indonésie », fait
apparaître qu’en 1966, l’Indonésie restructura son économie pour
remplir les conditions d’attribution de l’aide du FMI. Dans ce rapport,
la CIA se réjouissait du nouveau triumvirat installé au pouvoir en
Indonésie en 1967 : Suharto, le ministre des Affaires étrangères, Adam
Malik, et le Sultan de Jogjakarta [2],
qui était aussi ministre de l’Économie et des Finances. La CIA se
félicitait également de l’interdiction du PKI, mais concédait qu’il « rassemblait néanmoins de nombreux partisans à l’est et au centre de Java » ;
c’est dans cette région que, par la suite, Ann Dunham Soetoro
concentrerait ses activités pour le compte de l’USAID (Agence des
États-Unis pour le développement international), la Banque mondiale et
la Fondation Ford, des sociétés écrans de la CIA. Sa mission était de « gagner les cœurs et les esprits » des fermiers et des artisans javanais.
Dans une note déclassifiée de la CIA du 23 juillet 1966, le parti
musulman Nahdatul Ulama (NU), le parti le plus puissant en Indonésie,
est clairement vu comme un allié naturel des États-Unis et du régime de
Suharto. Le rapport établit que Suharto bénéficia d’une assistance pour
renverser les communistes pendant la période de contre-putsch, notamment
là où le NU était le mieux implanté : à l’est de Java, au nord de
Sumatra et dans plusieurs zones de l’île de Bornéo. Une autre note
déclassifiée de la CIA, datée du 29 avril 1966, fait référence au PKI : « Les extrémistes musulmans ont surpassé l’armée à bien des égards en traquant et en tuant les membres du [PKI] et d’autres groupes affiliés servant de couverture. »
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Dunham et Barry Soetoro à Jakarta et les activités secrètes de l’USAID
Enceinte de Barack Obama, Dunham abandonna en 1960 ses études à
l’Université de Hawaii. Barack Obama senior quitta Hawaii en 1962 pour
étudier à Harvard. Dunham et Obama senior divorcèrent en 1964. À
l’automne 1961, Dunham s’inscrivit à l’Université de Washington et éleva
son enfant. Elle réintégra l’Université de Hawaii entre 1963 et 1966.
Lolo Soetoro, qui s’unit à Dunham en mars 1965, quitta Hawaii pour
l’Indonésie le 20 juillet 1965, trois mois avant les opérations de la
CIA contre Sukarno. Il est clair que Soetoro, promû colonel par Suharto,
était rappelé à Jakarta pour participer au coup d’État contre Sukarno,
des troubles qui causèrent la mort d’environ un million d’Indonésiens
parmi les populations civiles. Le Président Obama préfèrerait que la
presse ignore ce passé ; c’est bien ce qu’elle a fait pendant la
campagne des primaires et de l’élection présidentielle de 2008.
En 1967, après son arrivée en Indonésie avec Obama junior, Dunham
enseigna l’anglais à l’ambassade états-unienne de Jakarta, où se
trouvait l’une des antennes de la CIA les plus importantes en Asie,
relayée par d’importants bureaux situés à Surabaya, à l’est de Java, et à
Medan, sur l’île de Sumatra. Jones quitta son poste de doyen à
l’Université de Hawaii en 1968.
En fait, la mère d’Obama enseignait l’anglais pour le compte de
l’USAID, une vaste organisation qui servait de couverture aux activités
secrètes de la CIA en Indonésie et dans toute l’Asie du Sud-Est, en
particulier au Laos, au Sud-Viêt Nam et en Thaïlande. Le programme de
l’USAID est connu sous le nom de Lembaga Pendidikan Pembinaan Manajemen.
Bien que son fils et les gens qui l’ont côtoyée à Hawaii décrivent
Dunham comme un esprit libre et une « enfant des sixties », les
activités qu’elle a exercées en Indonésie viennent contredire la thèse
qui fait d’elle une « hippy. »
L’apprentissage du russe que suivit Dunham à Hawaii a dû se révéler
très utile à la CIA en Indonésie. Dans une note déclassifiée, datée du 2
août 1966, son auteur, le Secrétaire général du Conseil de sécurité
nationale des États-Unis, Bromley Smith, relatait qu’à l’instar du
Japon, de l’Europe occidentale, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande,
de la Malaisie et des Philippines, l’Union soviétique et ses alliés en
Europe de l’Est avaient bien accueilli la nouvelle du putsch de Suharto
car il créait une Indonésie non-alignée qui « représentait un contrepoids en Asie face à la Chine communiste. »
Des archives prouvent que, comme Ann Dunham, plusieurs agents de la
CIA, en poste à Jakarta avant et après le coup d’État de 1965, parlaient
couramment le russe.
Lorsqu’elle séjourna en Indonésie, puis au Pakistan, Dunham Soetoro
travailla pour la Fondation Ford, la Banque mondiale, la Banque
asiatique de développement, la banque Rakyat (la banque publique
indonésienne, propriété du gouvernement) et l’USAID.
L’USAID fut impliquée dans des opérations secrètes de la CIA en Asie de Sud-Est. Le 9 février 1971, le Washington Star
publia l’information selon laquelle les responsables de l’USAID au Laos
savaient que le riz dont l’USAID approvisionnait l’armée laotienne
était revendu à l’armée nord-vietnamienne au Laos même. Le rapport
révèle que les États-Unis toléraient la revente du riz de l’USAID car
l’armée laotienne n’avait ainsi plus à craindre les attaques du
Nord-Vietnam et de leurs alliés communistes du Pathet Lao. L’USAID et la
CIA utilisaient l’approvisionnement de riz pour obliger les tribus Méo
du Laos à rejoindre le camp des États-Unis dans la guerre contre les
communistes. Des fonds de l’USAID étaient destinés à venir en aide aux
civils blessés et à instaurer un système d’assurance-maladie au Laos ;
ils furent détournés et utilisés à des fins militaires.
En 1971, le Centre d’études vietnamiennes à l’Université de
l’Illinois à Carbondale, financé par l’USAID, fut accusé d’être une
société écran de la CIA. Les projets financés par l’USAID par le biais
du Consortium des universités du Midwest pour les activités
internationales (Midwest Universities Consortium for International
Activities, MUCIA), qui inclut les Universités de l’Illinois, du
Wisconsin, du Minnesota, de l’Indiana, et du Michigan, furent soupçonnés
d’être des projets secrets de la CIA. Parmi ceux-ci, figuraient les
programmes « d’éducation agraire » en Indonésie et d’autres projets en
Afghanistan, au Mali, au Népal, au Nigeria, en Thaïlande et au Sud-Viêt
Nam. Ces accusations furent émises en 1971, quand Ann Dunham travaillait
pour l’USAID en Indonésie.