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Dans un article du 10 juillet 1971, le New York Times accusait
l’USAID et la CIA d’avoir « perdu » 1,7 milliards de dollars dévolus au
programme CORDS (Civil Operations and Revolutionary Development
Support). Ce programme faisait partie de l’Opération Phénix, dans le
cadre de laquelle la CIA procéda à la torture et à l’assassinat de
nombreux civils, patriarches et moines bouddhistes dans les villages du
Sud-Viêt Nam [3].
Des sommes d’argent en provenance de l’USAID furent également reçues
par une ligne aérienne détenue par la CIA en Asie du Sud-Est, Air
America. En Thaïlande, le financement par l’USAID du Programme de
développement rural accéléré (Accelerated Rural Development Program)
cachait en fait les opérations de lutte contre l’insurrection
communiste. De même, en 1971, dans les mois précédant le déclenchement
de la troisième guerre indo-pakistanaise, les fonds de l’USAID destinés
aux projets de travaux publics dans l’est du Pakistan furent utilisés
pour la consolidation militaire des frontières avec l’Inde. Ces
détournements étaient contraires à la loi états-unienne qui interdit
l’utilisation des fonds de l’USAID pour des programmes militaires.
En 1972, dans un entretien avec Metromedia News, le directeur
de l’USAID, le Docteur John Hannah admit que la CIA se servait de
l’USAID comme société écran pour ses opérations secrètes au Laos. Hannah
affirmait que l’USAID était une société écran uniquement au Laos.
Pourtant, l’USAID s’est avérée servir de couverture également en
Indonésie, aux Philippines, au Sud-Viêt Nam, en Thaïlande et en Corée du
Sud. Les projets de l’USAID en Asie du Sud-Est devaient être approuvés
par le SEADAG (Southeast Asian Development Advisory Group), un groupe
élaborant des projets publics en Asie, qui devait en réalité se ranger
derrière l’avis de la CIA.
En 1972, il fut prouvé que le programme Food for Peace, administré
par l’USAID et le Département de l’agriculture états-unien, reçut un
financement à visée militaire pour des projets au Cambodge, en Corée du
Sud, en Turquie, au Sud-Viêt Nam, en Espagne, à Taïwan et en Grèce. En
1972, l’USAID ne fit parvenir de l’argent que dans les zones
méridionales du Nord-Yémen, dans le but d’armer les forces
nord-yéménites contre le gouvernement du Sud-Yémen, alors dirigé par les
socialistes, opposés à l’hégémonie états-unienne dans la région.
L’une des institutions affiliées aux travaux de l’USAID en Indonésie
était la Fondation Asie (Asia Foundation), créée dansles années 1950
avec l’aide de la CIA pour contrer l’expansion du communisme en Asie. La
pension de l’East-West Center à l’Université de Hawaii était financée
par la Fondation Asie. Obama senior séjourna dans cette pension à son
arrivée du Kenya, après avoir bénéficié du programme d’aide aux
étudiants africains organisé par l’un des agents d’influence de la CIA
en Afrique, Tom Mboya.
Dunham séjourna également au Ghana, au Népal, au Bangladesh, en Inde
et en Thaïlande dans le cadre de projets de microfinancement. En 1965,
Barack Obama senior quitta Harvard et retourna au Kenya, accompagné de
sa nouvelle épouse états-unienne. Obama senior reprit contact avec son
vieil ami, le « golden boy » de la CIA Tom Mboya, et avec d’autres
hommes politiques d’origine Luo, la tribu d’Obama senior. Philip Cherry
dirigea l’antenne de la CIA à Nairobi de 1964 à 1967. En 1975, il fut
nommé à la tête de l’antenne de la CIA à Dacca au Bangladesh.
L’ambassadeur états-unien au Bangladesh de l’époque, Eugene Booster,
accusa Cherry d’être impliqué dans l’assassinat du premier Président du
Bangladesh, Sheik Mujiur Rahman, et d’autres membres de sa famille.
L’exécution de la famille présidentielle bangladaise auraient
vraisemblablement été ordonnée par le Secrétaire d’État Henry Kissinger.
Le Bangladesh constituait également une étape sur l’itinéraire qu’Ann
Dunham suivait pour le compte de la CIA dans le cadre de projets de
micro et de macro-financement.
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Les banques de la CIA et Hawaii
Ann Dunham resta en Indonésie quand le jeune Obama retourna à Hawaii
en 1971 ; elle confia son fils à sa mère, Madelyn Dunham. Cette dernière
fut la première femme à occuper le poste de vice-président de la Banque
de Hawaii à Honolulu. Diverses sociétés écrans de la CIA utilisaient
alors la Banque de Hawaii. Madelyn Dunham s’occupait de la gestion des
comptes cachés que la CIA utilisait pour les transferts de fonds au
bénéfice des dictateurs en place en Asie, tels que le Président de la
République des Philippines, Ferdinand Marcos, le Président de la
République du Viêt Nam, Nguyen Van Thiêu, et le Président de la
République d’Indonésie, le général Suharto. En effet, la Banque de
Hawaii se chargeait du blanchiment d’argent de la CIA, afin de
dissimuler le soutien qu’accordait la CIA à ses leaders politiques
préférés dans la région Asie-Pacifique.
À Honolulu, l’une des sociétés bancaires les plus utilisées par la
CIA pour le blanchiment d’argent était la BBRDW (Bishop, Baldwin,
Rewald, Dillingham & Wong). En 1983, la CIA donna son accord pour la
liquidation de la BBRDW, soupçonnée de n’être qu’une chaîne de Ponzi. À
cette occasion, le sénateur Daniel Inouye — membre du Comité du
renseignement du Sénat états-unien (US Senate Select Committee on
Intelligence) et l’un des meilleurs amis au parlement de l’ancien
sénateur de l’Alaska, Ted Stevens — déclara que le rôle de la CIA dans
la BBRDW était « insignifiant. » Plus tard, on découvrit qu’Inouye
mentait. En fait, la BBRDW était largement impliquée dans le financement
des activités secrètes de la CIA dans toute l’Asie, dont celles
d’espionnage industriel au Japon, de vente d’armes aux guérillas
anticommunistes des Moudjahidine afghans et à Taïwan. John C. « Jack »
Kindschi était l’un des dirigeants de la BBRDW ; avant de partir à la
retraite en 1981, il fut chef de poste de la CIA à Honolulu. Le diplôme
universitaire ornant le mur du bureau du président de la BBRDW, Ron
Rewald, était un faux, fourni par les experts en falsification de la
CIA ; son nom fut également ajouté aux archives des anciens étudiants