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Commentaire de Ziziledur

sur Le célibat forcé des travesti(e)s et autres transgenres


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Ratatouille Ziziledur 28 février 2016 00:25

SUITE

Pour plus de précision sur ces types féminins et leurs archétypes on pourra se référer avec bonheur au livre de Christine Champougny-Oddoux · Femme et Déesse Tout simplement -Rencontre avec le féminin sacré. Souffle d’Or. Attention, je n’ai parlé ici que des aspects négatifs de ces archétypes, c’est à dire de la manière dont la peur est transformé soit en inhibition et en retrait de la vie, soit en demande vis à vis d’autres pour être protégés, soit en contrôle de l’environnement. Ils peuvent se ramener à quelques éléments de base : "j’ai peur de la vie, alors je me fais toute petite« , »aime moi, protège moi, je suis une gentille fille et je m’adapterai à ce que tu veux de moi« ou bien »je ne me laisserai pas faire, je maîtrise mon environnement pour ne pas être maîtrisée moi-même".Ce qu’il faut comprendre, c’est que tous ces comportements sont des réactions face à la peur (et notamment la peur/attirance vis à vis de l’homme), lesquelles empêchent le développement de la femme, en incarnant le Divin Féminin qui a été représenté sous la forme de déesse telles que Aphrodite/Vénus, Isis et Shakti, la divinité/principe femelle du tantrisme.
Mais que signifie « incarner le Divin Féminin » ? Que veut dire aller dans sa puissance féminine sans nier l’homme, sans en avoir peur et sans être dépendant de lui non plus ?

Le vide créateur

Il me semble que cette peur et cette dépendance peut à la fois être comprise et transcendée en essayant d’appréhender ce qui constitue l’essence du féminin, c’est à dire sa capacité à engendrer du nouveau à partir du vide intérieur, dans l’accueil de l’autre en soi. Je m’explique. Le Vide (la vacuité disent les bouddhistes) est la matrice génératrice de la matière et de la forme. Le Sutra du Coeur le dit : "La forme est vacuité, la vacuité est la forme« . Ce que je lis comme »La forme n’a pas d’essence autre que la vacuité, et la vacuité engendre/est la matrice même de la forme" : matière et vide énergétique ne sont que deux faces, deux apparences de la même pièce. L’espace infini est pratiquement vide : où que l’on regarde dans l’univers, c’est du vide dont il est question. Les atomes sont essentiellement constitués de vide. Le vide est partout mais on ne le voit pas. Il est la base, le fondement à partir duquel la forme (c’est à dire la matière, le mouvement, les choses) peuvent émerger.

Or le masculin et le féminin ont un rapport différent vis à vis du vide. Le masculin va vers le vide, il est attiré par la mort, où il voit le début de la renaissance. C’est le héros qui brave la mort pour aller vers son destin, c’est l’amant qui éjacule toute sa puissance avant de sombrer dans la « petite mort », c’est la jouissance du défrichement et de l’éradication du mal, de la « place nette » réalisée de manière rapide avec puissance (c’est la technique du karsher ou encore du nettoyage par le feu, à ne pas confondre avec celle de l’éponge et de la serpillère ☺ ), c’est enfin le méditant Zen qui devient progressivement cette vacuité par l’ascèse et la pratique méditative, c’est Shiva, la conscience absolue, infinie, sans forme ni objet.

Pour le féminin, le vide ne se situe pas à la fin, mais au commencement à la source de la création. L’enfant surgit du vide matriciel, comme la forme émerge de la vacuité. Seul un Dieu mâle peut dire : « que la lumière soit, et elle fut ». Une Déesse aurait dit : "le monde a surgi de moi quand c’était le moment. Il s’est enfanté de moi« . Il n’y a pas de »je" solide dans le féminin pur (l’ego est yang par nature), juste la place, le creuset alchimique pour que tout puisse advenir. Or ce vide, la femme le vit à l’intérieur d’elle. Freud et Lacan ont eu raison quand ils ont parlé du rapport au manque pour la femme, mais ils ont eu tort, d’après moi, d’y voir un « manque de phallus », cette vision étant très marquée culturellement par la culture patriarcale de leur époque. Non, la femme vit la vacuité dans son être même, mais un vide, et c’est là le paradoxe, qui n’est pas un manque mais le potentiel, la source de création de la forme.
  Anatomiquement parlant, le sexe de la femme n’est pas à l’extérieur comme un être indépendant qui fait ce qui lui passe par la tête. Si les hommes appellent « popaul » leur pénis c’est qu’à la fois ils peuvent le voir, mais aussi qu’ils le vivent comme plus ou moins séparés d’eux. C’est d’ailleurs le paradoxe de l’homme : son sexe détient sa virilité mais il ne le contrôle pas, et il est en dehors de lui. De ce fait, l’homme passe sa vie à essayer d’incorporer son sexe à le faire devenir partie de lui-même.


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