Merci à Michel Maugis & Jean Keim.
Vos commentaires m’inspirent la réflexion que j’étais
peut-être un peu trop bref ; effectivement ce qui nous semble évident ne l’est
pas forcément à autrui. Je m’explique donc.
La monarchie m’indiffère ; mon propos n’est nullement
un plaidoyer pour elle.
Il réfute la haute idée de la Révolution de 1789 qu’on tente
de nous faire gober et le lien prétendu entre elle et la démocratie républicaine
française actuelle. En conséquence il s’oppose à l’usage (« au nom de l’héritage
de la Révolution »…) qui en est fait pour justifier politiques, idéologies
et manières d’agir et de penser actuels en France.
Je ne donnerais qu’un seul exemple parmi tant d’autres. La
catastrophique intervention française en Lybie en 2011 avait pour prétexte (j’abrège)
de « soutenir une Révolution populaire libyenne face à la tyrannie ».
Faux, naturellement. Mais c’est à une population française à la cervelle
bourrée du mythe « glorieux » de la révolution populaire face à la
tyrannie qu’on a réussi de fourguer ça…
Et puis, comment expliquer le penchant de ce pays, plus qu’aucun
de comparable, à la revendication, la manifestation, la grève… Sinon par le
culte, que dis-je, l’idolâtrie de la révolution.
Cela dit, puisque Michel Maugis évoque la monarchie, excusez
un petit hors sujet.
Monarchie de droit divin, NIET. En revanche, il aurait pu y
avoir l’autre, la constitutionnelle. Naturellement obsolète en France vu que la
guillotine y était plus rapide que la raison et aucun retour en arrière n’est
envisageable, mais pratiquée, rien qu’en
Europe, par une dizaine de pays comparables qui n’ont rien à envier à la France
question gouvernance, démocratie et droits de l’Homme ; la Grande Bretagne
étant évidemment le premier.
Rappelons au passage la nature de Louis XVI ; peut-être
pas bien brillant mais tout sauf tyran sanguinaire, il avait co-signé le
document fondateur de la Révolution octroyant le pouvoir au peuple. Ayant sous
les yeux l’exemple britannique, il était mûr pour la monarchie
constitutionnelle ; son sort fut un immense ratage que la France a payé d’un
prix exorbitant. MAIS ce qui est fait est fait.
Jean Keim a raison à nous faire remarquer que l’Histoire est
sanglante en général et non seulement celle de la Révolution, que l’on
commémore des évènements presque toujours déplorables et que (j’ajoute) elle
est écrite par les vainqueurs.
MAIS la différence réside dans la leçon que l’on en tire.
Attention, Jean : s’agissant de 14-18 ce sont des commémorations ;
non de festivités. On se dit « never again », plus jamais ça, n’est-ce
pas. Le 14 juillet est le contraire : on CELEBRE, on festoie, on porte au
pinacle, on donne en exemple… A recommencer au besoin….
Ce qui façonne lourdement
une certaine mentalité française.
D’ailleurs votre question, Jean « …est-il possible de
faire la révolution sans violence…. » sous-entend qu’il faut la faire… Or, tout mon discours consiste à dire non
seulement qu’elle est presque toujours superflue, mais toujours nuisible. Relisez
le texte sans les idées préconçues gobées à l’école de la République : IL
NE FAUT PAS LA FAIRE !!!