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Commentaire de njama

sur Moi, François Hollande, suicidé politique de la République...


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njama njama 17 octobre 2016 13:53

@Renaud Bouchard

Vous dites : « ... beaucoup de magistrats accueilleraient favorablement une politique judiciaire, pénale notamment, digne de ce nom plut$ot que des mesures répondant aux circonstances du moment. La justice est à reconstruire ... »

J’entends, je suis sceptique, et vous fais remarquer que la justice est en bout de chaîne ! on ne pourrait reprocher à l’ouvrier ses insuffisances quand c’est le bureau technique, l’ordonnancement et le contre-maitre qui eux sont défaillants. La justice n’est jamais que l’hôpital qui gère comme elle peut les dysfonctionnements dans la société. Réformer la justice ne me paraît pas une priorité, la chambouler encore moins, elle est certainement perfectible comme bien d’autres corps d’État, on en convient. Lui donner les moyens à la hauteur de sa tâche bien sûr, et c’est ici qu’il est important de rappeler que la France, magnifique pays et fleuron mondial des droits de l’homme dit-on, a l’un des budgets les plus bas de toute l’Europe en matière de justice. Cordonnier bien mal chaussé n’est-ce pas ! La France 5eme puissance mondiale paraît-il (?)

La justice ne vient qu’en aval, ne vouloir réformer que la justice c’est mettre un cataplasme sur une jambe de bois. Elle ne gère que les conséquences sociales, économiques, législatives ... qui viennent toutes de l’amont.
Pour illustrer plus concrètement mon propos, je vous donne ci dessous des données que j’ai déjà publiés ici qui illustreront je crois que la justice ne fait que recevoir les alluvions que charrient les décisions politiques :

La suppression des îlotiers c’est Sarkozy ministre de l’intérieur. La politique sécuritaire de la droite a jeté avec les procédures de comparution immédiate, presque 20.000 détenus de plus en 10 ans de pouvoir de la droite ! ce n’est pas rien !  (statistiques ici)
Il faut toujours revenir aux chiffres :

(njama 1er juillet 2014 17:48) :

Durant le Gouvernement Jospin du 2 juin 1997 au 6mai 2002, les chiffres de population carcérale écrouée baissent. En 1997, de 54 269 on passe à 48 594 en 2002, soit moins 5315 environ moins mille par an, ou, en pourcentage un peu moins de 10 % sur ces 5 ans.

Sous Chirac avec Nicolas Sarkozy ministre de l’intérieur, ça explose ! résultat de la politique dite de « sécurité » ?

En 2003, 55 407 ! soit + 6813 qu’en 2002, et encore + 3839 en 2003 !

+ 10.652 en seulement deux ans

67 373 détenus au 1er juillet 2012
soit presque 20.000 détenus de plus en 10 ans de pouvoir de la droite !

Les médias nous racontent que la population carcérale a explosé, or elle n’a que très peu progressé depuis que le PS est au pouvoir
68 859 personnes étaient incarcérées au 1er avril 2014

C’est 11 179 détenus de plus que la capacité totale des prisons : 57 680 places au 1er mars. Le précédent record avait été atteint au 1er juillet 2013, avec 68 569 personnes incarcérées.

http://www.francetvinfo.fr/societe/justice/le-nombre-de-detenus-en-france-bat-un-nouveau-record_579049.html

J’ajoute que Sarkozy en était de plus conscient et n’avait pas du tout l’intention d’abandonner sa politique répressive si j’en crois cet article du 13/09/2011 de rue89.nouvelobs.com :

Prisons : la folie des grandeurs de Nicolas Sarkozy
Par Observatoire international des prisons
« Quand Sarkozy dit qu’il veut 30 000 places de prison en plus, il veut en augmenter le nombre de 50%, rien que ça », tweete l’avocat Maître Eolas.
Annonçant un objectif de 80 000 places à l’horizon 2017, le président de la République entraîne le pays dans une politique pénale coûteuse et contreproductive en matière de prévention de la récidive. Invoquant le nombre de peines « inexécutées », il estime que la France a besoin de 30 000 places d’emprisonnement supplémentaires pour mettre en œuvre les décisions des magistrats.
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Toulouse : quand Sarkozy fustigeait la prévention
Samedi, 12 Novembre, 2005
L’Humanité
Retour dans la Ville rose, là où, en février 2003, lors d’une sortie fameuse, l’actuel ministre de l’Intérieur était venu remettre en cause les missions préventives de la police de proximité.

« Votre rôle n’est pas de jouer au football avec les jeunes des quartiers, mais de vous mettre au travail. » Ce coup de gueule contre les policiers toulousains poussé un 3 février 2003 par Nicolas Sarkozy devant caméras et micros devait sonner le glas de la police de proximité. Des années de travail et des liens patiemment tissés avec les habitants dans des quartiers difficiles de la Ville rose ont ainsi été balancés d’un revers de main.

Peu de monde, à Toulouse, a oublié cette sortie du ministre de l’Intérieur. Ni les policiers ni les gens des quartiers. Il est fréquent ces derniers temps d’entendre du côté de la Reynerie, de Bagatelle ou de la Faourette des personnes, des mères, particulièrement, regretter la disparition des îlotiers et de policiers attentifs aux inquiétudes ou plaintes exprimées. « On connaissait des policiers, on savait à qui on pouvait s’adresser. »

Les missions fixées aux commissariats ont donc rapidement changé. Moins de proximité et de prévention pour plus d’opérations de contrôle, de police-secours, de chasse aux délits routiers. « On s’occupe plus du chiffre que du travail en profondeur, les gens nous font remarquer que l’on nous voit moins à l’écoute. Avec des plages horaires toujours plus étendues mais avec moins d’emplois, on tire sur la couenne et nous n’en pouvons plus », témoignaient déjà, il y a deux ans, des fonctionnaires de police du commissariat de Bagatelle (l’Humanité du 18 octobre 2003).

lire la suite : http://www.humanite.fr/node/338432

Toulouse !
coïncidence ?
11 mars 2012 assassinat d’un militaire à Toulouse
Mohamed Merah
19 mars 2012 tuerie à l’école juive

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Ces jours-ci Manuel Valls a annoncé un projet de création de 33 prisons supplémentaires pour 16.000 places, qui en fait ne feront qu’absorber la surpopulation carcéral.

Si le bilan de François Hollande est calamiteux, je crois par contre qu’il faut saluer le travail de Christine Taubira qui avait hérité de cette situation carcérale générée par 10 années de sarkozysme, et durant ses fonctions cette population est restée assez stable.

Si Sarkozy avait été réélu en 2012, il est probable qu’il aurait continué au même train...


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