@taktak
PARIS (Reuters) - Plus de la moitié des organisations syndicales de
Force ouvrière appellent à manifester le 12 septembre contre les
ordonnances visant à réformer le Code du travail, malgré l’avis
défavorable de leur secrétaire général Jean-Claude Mailly.
Plus d’une dizaine de fédérations et une cinquantaine d’unions
départementales ont invité leurs membres à participer aux mobilisations
organisées par la CGT, Solidaires et la FSU mardi prochain, a confirmé
un cadre de Force Ouvrière.
Certaines, comme la Fédération nationale de l’enseignement (FNEC-FP),
la Fédération des services publics et des services de santé (avec le
syndicat FO AP-HP) et la Fédération nationale transports et logistique
(FO-UNCP) ont appelé à des grèves.
D’autres, comme FO Commerce ou la FAGE (Fédération de l’administration
générale de l’Etat) disent seulement soutenir les actions.
"Les appels aux manifestations n’arrêtent pas de tomber. Ça va
continuer", a dit à Reuters Christophe Le Comte, le secrétaire de la
section fédérale du Commerce, qui dit vouloir que le mouvement de
mobilisation s’inscrive dans la durée.
Le secrétaire général, Jean-Claude Mailly, avait pourtant dit ne pas
vouloir participer au mouvement de contestation afin, selon lui, de
conserver ses « forces » pour les concertations sur l’assurance chômage.
Ce deuxième chantier de réformes doit commencer le 2 octobre, selon le
syndicat.
Haussant le ton, Jean-Claude Mailly s’est justifié jeudi devant ses
sympathisants. "Nous, pendant trois mois, on s’est battu. On ne s’est
pas battu publiquement dans la rue mais il faut se battre au moment où
on peut discuter", a-t-il dit lors d’un meeting à Marseille, dans une
vidéo diffusée par le journal La Marseillaise.
"Il y a ceux qui avancent une date et qui n’ont pas pesé dans les
discussions et ceux qui pendant tout le reste ont pesé dans les
discussions", ajoute-t-il, en référence à la CGT qui a annoncé sa
mobilisation au début des concertations.
Le syndicaliste précise que, sans cette participation, « on n’aurait pas bloqué tout ce qu’on a bloqué ».
La réforme du Code du travail, présentée le 31 août, a été fraîchement
reçue par les organisations syndicales qui ont dénoncé un recul pour
les droits des salariés. Malgré cela, tout comme FO, la CFDT, la CFE-CGC
et la CFTC ont maintenu leur refus de participer à la mobilisation.
Dans les bureaux de la confédération de FO, on regrette les décisions des unions départementales et des fédérations.
"On estime que le gouvernement ne bougera pas. Les salariés vont
perdre une journée de salaire à faire la grève. Ça ne nous semble pas
raisonnable", dit-on à Reuters.
« Mais notre système est très décentralisé. Les unions départementales peuvent passer outre. »
(Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse)
Source : https://lc.cx/poCr