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Commentaire de Djam

sur La politesse c'est pas ringard


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Djam Djam 13 janvier 2018 12:21

@ Amaury

Bien vu. Je pense que nous sommes très nombreux à constater ce comportement de gougnafiers. Récemment, un commentateur d’AV, sur un autre thème, rappelait à point nommé l’ouvrage du regretté Gilles Châtelet : VIVRE ET PENSER COMME DES PORCS. L’auteur avait parfaitement saisi le devenir de la société française sur ce point.

Il faut relier ce délitement grossier à l’hyper capitalisme qui est basé sur la libération de toute pulsion. Pour jouir de toute chose, par l’acte d’acquisition et d’accaparement, avec argent ou crédit, il faut en effet que la jouissance personnelle ne rencontre aucune limite, aucune loi. Ce sont les enfants des enfants 68tard. Les premiers 68tards ayant importé cette idéologie où tout ce qui concerne les us et coutume du passé était à détruire. C’est fait et ils appellent cela le « progressisme ».

L’homme d’avant était ce qu’on appelle un homme « névrosé » au sens freudien du terme, c’est-à-dire qu’il était « castré ». Entendez qu’il avait intériorisé la capacité à gérer ses frustrations (attendre, différer le moment de sa jouissance) ce qui lui permettait d’avoir une certaine tenue. Ce n’est donc pas du tout une question de milieu social puisque même les peu scolarisés venant des campagnes avaient cette nécessaire tenue qu’exige la vie en commun. Il suffit de revoir les vieux films en noir et blanc pour découvrir comment parlait et se tenait l’homme ordinaire, frappant !

Dans un entretien pas très ancien, Isabelle Sorente, écrivain et essayiste, à la question sur pourquoi la société fabrique-t-elle autant d’esprits violents, elle avait répondu :
« Nous avons eu le 19ème siècle et ses névrosés, puis le 20ème siècle qui a produit ses phobiques et obsessionnels... le 21ème siècle est en train de fabriquer ses pervers manipulateurs qui trouvent normal d’utiliser autrui à des fins personnelles ».
Tout est dit. L’ultra libéralisme produit des petits pervers qui n’ont aucune limite dans la recherche de leur satisfaction personnelle et immédiate.

1945, fin de la guerre et infiltration notoire de l’american way of life dans la ruralité française. Les lois du fric, de l’immédiateté, de l’acquisition à tout prix, la « modernité » qui a inversé littéralement les valeurs en érigeant le « moi je » (souvenez-vous, Pascale Brugnot, productrice de télé des années 80, qui produisit la 1ère émission éponyme qu’on appelle aujourd’hui les « talkshow »... le bla bla vulgaire de M et Mme Toutlemonde).

Vint ensuite Mai 68, étape 2, qui n’avait d’objectif que de préparer le terrain à cette barbarie ordinaire là. Elle a fabriqué les parents de ceux qui allaient sous peu nous imposer l’arrogance des personne sans culture, sans raffinement mais dont l’énergie vitale, la « gnaque » allait renverser la table et faire émerger des petits ambitieux agités, compulsifs, incapables de se tenir, accros à n’importe quel gadget et colifichet vendus par le fascinant qualificatif de technologique. Cohn Bendit et ses petite camarades, tous installés durablement aux postes ad hoc pour balayer l’ordre ancien jugé ringard, limitant et dépassé. Rappelez-vous la réflexion du pseudo philosophe BHL dit Botule qui voulu « ...faire taire le coq gaulois... » (https://www.dailymotion.com/video/xqzcsd) pour commencer le travail de destruction par diabolisation de ce qu’on appelle une nation... avec ses us et coutumes, bien entendu.

Les années 80, la Mitterrandie, fut l’étape 3 de l’encrage durable en France des post-modernes (les enfants des 68tards, qui entraient largement dans la vie active). Ce fut aussi l’avènement de la notion de « management » dans tous les domaines. Effacement des hiérarchies naturelles au profit d’un machin « transversal » et ’« matriciel » (!) qui allait mettre au même niveau, paraît-il, les hommes d’expérience et les jeunes débutants surdiplômés. On a vu le désastre et on en finit pas d’en voir la poursuite dans toutes les multinationales organisées avec cette hérésie managériale.

Puis arrivèrent les années 90/2000 avec l’avènement du pire : l’Union Européenne. Etape 4 qui allait entériner, couler dans le béton des multiples Traités iniques les résidus de résistances au rouleau compresseur de la violence ordinaire généralisée. Tous pareils pour tout et en tout. Même allure vestimentaire avachie parce que fabriquée à bas coût, même bouffe frelatée parce que industrialisée à 90 % et importée et industrialisée, même idéologie du fric, de la réussite rapide et du vol assumé d’idées, de brevets, d’invention... bref, les années 90 officialisèrent le début de la violence officielle comme arme de prédation de l’un sur l’autre. Aucun hasard si cela fut marqué du sceaux de l’ignominie : le fameux 11/9.

Le 11/9 américain, étape 5, année noire, marqué par le feu, le sang, la vengeance sans limite, a détrôné quasiment tous les drames monstrueux antérieurs (sauf un !). Il fut LE prétexte qui permit à l’empire du pire d’aller déclencher le chaos partout où quelque chose était à piller, à voler, à redessiner, à violer, au nom, bien sûr, du Bien, du Juste et du Bon. Sous leurs yeux ahuris et fascinés par le déferlement d’une telle pulsion de mort, les dernières générations se déploient dans un monde, celui de l’internet, où la surface relativement normale n’est que la masque d’un dark web qui représente en réalité plus de 60 % des activités mafieuses et sordides de l’économie ultra libérée, sans limite, sans loi, sans régulateur, au premier chef : les gouvernements dits « profonds » ou « deep governments », ceux qui en réalité gouvernent les destinées de milliards de gens.

C’est dans ce monde hors la loi quasi officialisé que ces jeunes gens existent. Ils sont les symptômes ordinaires de cette barbarie banalisée qui se manifeste lentement mais sûrement partout dans des espaces où privé et public sont devenus indistincts comme le reste. La confusion des genres est partout et voulue. Ne pas permettre la démarcation, criminaliser la moindre différenciation au nom de l’égalitarisme, faire dans « l’authentique » pour faire vrai et naturel, jeter habilement les uns contre les autres pour empêcher toute cohésion... On appelle cela la stratégie du chaos.

Et nous voilà dans les années 2018, à peine plus de 20 ans après l’arnaque européenne, avec le constat indéniable de l’énormité de cette arnaque qui a créé un Centre germano-américain exclusivement organisée par et pour le Grand Commerce Global où la loi et la limite n’existe quasiment pas à part celles du droit privé américain. Les mafieux, acteurs de complément se succèdent au pilotage des « gouvernances » du monde, sorte de clubs privés au service de la grande dérégulation mondiale, et sans surprise derrière le cirque médiatique, la fureur sur écrans omniprésents distille son évangile : Libéralisme total et loi du plus fort.

Et sans surprise, l’on voit partout se manifester de plus en plus fréquemment la barbarie... l’incorrection dans les transports en commun n’étant qu’un des multiples détails de cette barbarie qui se déploie progressivement partout.

Relire Hannah Arrendt et sa brillante explication de la banalité du mal. Il y a urgence.


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