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Commentaire de Pascal L

sur N'oserait-on plus se syndiquer en France ?


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Pascal L 10 avril 2018 14:21

Le syndicalisme est aujourd’hui dans une impasse en France. En entreprise, son seul pouvoir réel est celui d’informer les salariés, mais l’information est aussi un outil de contrôle du pouvoir et beaucoup de syndicalistes ne sont de fait pas très partageurs pour protéger leurs petits avantages. Par ailleurs, dans les grandes entreprises, le CE est à la fois un outil de contrôle de l’entreprise et un distributeur de jouets. Les candidats aux élections sont souvent plus attiré par le pouvoir donné par la distribution de jouets (et autres avantages) que par la lecture des bilans. Il faut savoir que dans les CE, les fournisseurs distribuent des tas de cadeaux qui trouvent facilement un écho dans l’esprit vénal de quelques élus. J’ai aussi connu des délégués syndicaux plus attirés par leur propre protection dans l’entreprise que par la protection de leurs électeurs.


 A la fin, il ne reste pas grand chose et cela contribue au sentiment d’impuissance et d’irresponsabilité des élus. J’ai rencontré en Allemagne des responsables d’IG-Metall qui ont montré une autre idée du syndicalisme. Là-bas, le syndicat est co-reponsable avec le DRH de l’évolution des carrières des salariés. Il gère le budget formation et reçoit chaque salarié dans des entretiens de carrière. Il exerce une vraie responsabilité qui leur donne un peu plus de poids dans les négociations.

Aujourd’hui, nous pouvons aussi constater une faillite des idées dans les syndicats français. La société évolue sans qu’ils s’en rendent compte. Les besoins des salariés bougent sans arrêt et ils défendent toujours les mêmes revendications qui datent du front populaire. Les revendications de salaires et de congés sont moins fortes maintenant chez les salariés et les syndicats devraient s’intéresser aux nouvelles organisations du travail, comprenant les nouvelles formes de management et de contrôle qualité qui enferment les salariés et fige l’organisation ainsi que l’irruption de l’entreprise dans la vie privée. Il faut dire que les grandes centrales syndicales sont souvent phagocytées par les syndicats de fonctionnaires et l’entreprise y est mal connue.

Enfin, l’absence de travail (chômage...) n’est jamais pris en compte dans les syndicats ou il est prié de ne pas interférer avec le travail. Une approche plus globale permettrait peut-être de trouver des solutions au problème de la quantité de travail disponible et à son financement. Les syndicats devraient se poser la question de la relation entre le chômage de masse et la variation de la dette, telle qu’elle a été mise en évidence par l’économiste australien Steve Keen. Traiter le chômage de masse autrement que comme une fatalité aiderait aussi les salariés.

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