DSK a bien du mal à cacher son scepticisme face à la campagne socialiste et sa tentation inavouable de se rapprocher du centre. Ce n’est certainement pas le nouveau virage « à gauche toute » prôné par Fabius pour relancer la campagne qui atténuera son malaise.
Alors DSK se projette dans le futur. Joue-t-il déjà la candidate socialiste perdante ? Toujours est-il que, dès le 17 décembre, lors de la réunion nationale de ses réseaux, Dominique Strauss-Kahn a proposé la mise en chantier d’un « manifeste social-démocrate » afin, je cite, de « mieux définir un socle d’analyses, de valeurs, d’orientations politiques communes à un certain nombre de militants et d’acteurs, dans et hors du parti socialiste », afin de charpenter « cette nouvelle identité sociale démocrate qui a été assumée par Dominique Strauss-Kahn à l’occasion de la primaire ».
Et DSK de se poser des questions de fonds : « Que recouvre exactement cette notion en terme de valeurs, d’objectifs politiques et de méthode ? Comment se positionne-t-elle par rapport aux diverses traditions politiques de la gauche et de la société française ? (...) A quel projet historique peut-elle correspondre à court et moyen terme ? (...) Sur quels acteurs et rapports de force peut-elle effectivement s’appuyer ? »
Alors bien sur, DSK est un homme politique intelligent. Il sait bien que le présent est essentiel mais qu’il ne faut pas « insulter l’avenir ». Et la synthèse de sa démarche est limpide : « Nous sommes pleinement engagés aujourd’hui dans la campagne présidentielle de notre candidate, Ségolène Royal. Mais il n’est pas inutile de poursuivre parallèlement une réflexion collective sur ces questions. » CQFD.