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Commentaire de Fergus

sur Les perquisitions chez la France insoumise


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Fergus Fergus 23 octobre 2018 11:31

Bonjour, Mohamed

Globalement d’accord avec vous sur le climat politique.

Pour autant, lorsque vous affirmez « Mélenchon est devenu l’homme à abattre », on ne voit pas très bien pourquoi. Dans les sondages récents, rien n’indique, loin s’en faut, que la France Insoumise puisse rivaliser avec LREM lors des prochains scrutins (à commencer par les Européennes). Et si le parti de Macron entend gagner des voix, ce n’est évidemment pas du côté de la FI qu’il a des chances d’élargir sa base électorale. Mieux vaudrait pour lui s’attaquer à LR, au PS et à Génération.s dont l’électorat est fongible avec celui de LREM.

Sauf à disposer d’informations irréfutables, il est d’autre part imprudent d’affirmer que « ces perquisitions sont ordonnées par la ministre de la justice Nicole Belloubet, donc par le gouvernement d’Edouard Philippe et par le président Macron ». Tout au plus peut-on dire, eu égard au caractère sensible des affaires en question, qu’ il est probable que ces actions judicaires ont obtenu a minima le feu vert de l’exécutif.

Autre chose : lorsque vous écvrivez « Tous les médias au service de l’ordre établi participent lâchement au lynchage de la France insoumise et de son président », vous omettez de souligner que c’est la perquisition au siège de la FI, et le comportement de Mélenchon à ce moment ainsi que ses propos du lendemain qui lui ont valu des volées de bois vert, et pas sa réaction lors de la perquisition à son domicile au cours de laquelle Mélenchon a bien joué le coup en restant mesuré dans l’expression de sa réaction sur la vidéo postée sur Facebook.

Je profite de l’occasion pour poster là un commentaire que j’ai écrit ce matin en réponse à un intervenant sur l’article de Michel Drouet :

"Pour répondre à la question que vous m’avez posée plus haut, je dirais que plus Mélenchon adopte une posture dans le genre « le bruit et la fureur", plus il séduit les électeurs de la gauche la plus radicale, mais en se coupant des autres électeurs, ceux qu’il pourrait prendre aux autres formations de gauche, plus positionnées sur le créneau social-démocrate, électeurs indispensables pour prétendre à un destin national.

Cela a d’ailleurs été parfaitement illustré par les deux campagnes présidentielles auxquelles il a participé.

En 2012, il avait précisément adopté un ton vindicatif sur ce thème du bruit et de la fureur, parfaitement illustré par ses multiples prises de bec avec les journalistes. Il en est résulté un score d’environ 11 % pour le Front de Gauche qui a démontré que Mélenchon avait certes réussi à fédérer les voix radicales en siphonnant les autres formations restées hors du FdG, mais sans que le total des voix de cette gauche non socialiste ne dépasse les scores habituels des précédents scrutins présidentiel  !

n 2017, changement de ton : Mélenchon adopte un comportement moins clivant. Il égrène avec force des vérités servies par son talent naturel d’orateur. Mais il le fait sur un ton très largement débarrassé des invectives et des vociférations de 2012 ; qui plus est, il évite de se lancer dans des pugilats stériles avec les journalistes en maîtrisant son tempérament. Résultat : il obtient plus de 19 % des voix, soit un bond spectaculaire en 5 ans qui s’explique par le fait qu’il a réussi une nouvelle fois à fédérer dans la gauche radicale, mais a cette fois fortement mordu sur l’électorat socialiste, ce qui n’aurait pas été possible si Mélenchon avait reconduit en 2017 le type de campagne qu’il avait mené en 2012.

Or, le comportement de Mélenchon lors de la perquisition du siège de la FI puis ses invectives en direction des « abrutis » de journalistes le font replonger dans le schéma de 2012, celui qui plait au premier cercle des militants et sympathisants du mouvement, mais le coupe de tous les électeurs de centre-gauche sans lesquels il ne peut y avoir de succès électoral majeur  !

C’est pourquoi Mélenchon s’est tiré une balle dans le pied dont la blessure atteint le mouvement qu’il dirige ! ".


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