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Commentaire de Vincent Verschoore

sur Les voleurs de mots


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Vincent Verschoore Vincent Verschoore 4 décembre 2018 18:34

Anne Dufourmantelle :

La colère reste une pulsion de vie. Il s’agit pour un sujet de tenter de faire entendre quelque chose qui lui apparaît légitime. Elle est liée au manque de reconnaissance. Avant qu’il y ait réparation, il doit y avoir reconnaissance. Pour désarmer une colère, il faut d’abord prendre en compte d’où l’autre parle et reconnaître sa parole comme légitime, même si celle-ci est dans l’erreur. Tant que cette position n’est pas reconnue, il ne peut y avoir de dialogue et de résorption de la colère.
Comment peut-on dépasser sa colère ?

On en sort par le langage, le dialogue avec l’autre pour obtenir la reconnaissance de la légitimité de son point de vue. Et là, nous nous heurtons à une difficulté pratiquement insurmontable dans notre société, c’est la perversion du langage. C’est moins des expressions que le sens des mots qui est retourné ou dévoyé. On dit « réaliste » quelqu’un qui se conforme à l’idéologie dominante, on dit « évaluer » quand, en réalité, on dévalue en encourageant la délation, on appelle « progrès » toute transgression quelle qu’elle soit, on parle « de protéger les gens » quand, en réalité, on les contrôle, on qualifie soudain de « plébiscite » ce qui était un « barrage » la veille, on dit « se mettre en disponibilité » quand on est placardisé en entreprise et que celle-ci ne licencie pas mais se « restructure », on appelle « réforme » des dérégulations et « révolution » l’actualisation de l’hégémonie économique sur la politique.


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