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Commentaire de Paul Leleu

sur Mariage pour tous, PMA, GPA


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Paul Leleu 11 août 00:44

@georges jean

Il existe un grand nombre de structures familiales à travers le temps, l’espace, les cultures et les classes sociales. Polygamie, éducation communautaire, GPA (Abraham, et le droit Mésopotamien de son époque), nourrices, etc. Et aujourd’hui les femme qui font « un bébé toute seule ». Les nations polygames pratiquent implicitement l’homosexualité pour les mâles surnuméraires. D’autres pratiquent même la pédérastie grecque, tels les Pachtounes (les femmes pour la reproduction, et les jeunes hommes pour le plaisir et l’initiation). Autant de structures familiales variantes. On pense aussi à Loth qui engrosse ses filles, dans la Bible (qui ne trouve rien à redire). Quant à l’homosexualité, elle est naturelle à homo-sapiens (sinon pourquoi avoir besoin de l’interdire ?).

L’hétérosexualité exclusive a permis selon les époques aux communautés agraires, aux états militaires ou aux nations industrielles d’avoir une population stable à disposition. C’est la raison pour laquelle les élites dirigeantes légiféraient en ce sens. Et les scribes esthétisaient la chose. Mais en soit, elle permettait de marier les enfants pour accroitre les propriétés agricoles, de faire des enfants pour la main d’oeuvre, de produire des soldats ou des ouvriers, de gérer et marier les lignages aristocratiques, etc. Et une femme était priée de fournir un héritier mâle, sans quoi elle était remerciée, et remplacée par une autre. Quant à l’homme, il devait se montrer capable de se reproduire également, sans quoi il était un poids mort (sauf à être prêtre, serviteur ou chaman). Mais tout cela n’avait rien de spécialement plus « naturel » qu’un autre réglage des moeurs.

Aujourd’hui, les nécessités ont changées, et on assiste à une modifications des moeurs habituelles. Mais la « froideur » de l’insémination ne fait peut-être que matérialiser la froideur hypocrite qui existait dans bien des couples et dans bien des conceptions d’enfants... car une femme qui aime un homme n’a pas l’idée de se faire inséminer... si elle y recourt, ce n’est pas en raison de la nouveauté, mais parce-qu’avant elle n’avait peut-être pas le choix...

Quant aux homosexuels il est faux de dire qu’ils nient la différence sexuelle : c’est juste qu’ils choisissent leur partenaire dans le même sexe (l’idée de « même » induit l’idée « d’autre »). Ce qui est vrai, c’est que beaucoup n’ont pas demandé ce mariage, car justement ils concevaient une sexualité/affectivité non-assujétie au biais reproducteur (et au mariage et à ses normes). C’était des relations très pures et radicales (courantes dans les milieux radicaux en tous genres... artistes, politiques, militaires, navigateurs, religieux, etc.). Mais par contre, les dispositions législatives leur permettent d’échapper à la haine ordinaire des autres, ce qui est un bienfait.

Je pense que le mariage « pour tous » porte bien son nom. Il ne s’adresse pas particulièrement aux homosexuels. Mais il porte en lui une nouvelle fonction sociale de la sexualité, non plus axée (comme vous le dites) sur la reproduction dans l’intérêt de la société, mais sur l’épanouissement de l’individu. La société concevra donc que l’épanouissement des capacités intrinsèques est la principale transmission utile dans le nouvel âge : car la société moderne a plus besoin de créatifs que de manoeuvres et de soldats. Mais cela n’a rien à voir en direct avec l’homosexualité ou non


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