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Commentaire de Séraphin Lampion

sur 5 ans après, toujours plus Charlie


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Séraphin Lampion Séraphin Lampion 11 janvier 15:18

La majorité de ceux reprenant le slogan « je suis Charlie » ne faisait pas partie des lecteurs réguliers de l’hebdomadaire avant 2015.

L’explication la plus répandue pour expliquer ce paradoxe est qu’il s’agissait d’une déclaration d’empathie vis-à-vis du journal plutôt que d’une adhésion à son humour et à sa ligne politique (s’il en avait une). Il se serait agi surtout, pour la plupart, de défendre la liberté d’expression.

En fait, il s’agissait surtout d’un sentiment de peur manipulé et canalisé comme un exutoire pour évacuer les tensions à travers un exutoire su le modèle de la chasse aux sorcières.

D’ailleurs, de nombreuses personnalités politiques, elles-mêmes « cibles » de l’humour Charlie, étaient présentes lors des marches de janvier 2015, côtoyant un certain nombre de personnalités politiques étrangères venues honorer le journal au nom de la liberté d’expression alors que cette dernière était bafouée dans leurs pays respectifs.

Or, après les événements de janvier 2015 et la mise en avant de ce besoin de liberté d’expression, les médias français, sinon la société toute entière a encore du mal à apprécier l’humour noir.

En 2017, plusieurs émissions ont déprogrammé des interviews de Jérémy Ferrari au sujet de son spectacle « Vends 2 pièces à Beyrouth ». L’humoriste en a conclu que, si les médias exaltaient la place donnée à la liberté d’expression, se moquer de la guerre ou du terrorisme demeurait un sujet sensible.

De la même façon, depuis 2015, minimiser l’attaque, voire critiquer le journal, est devenu un délit d’« apologie du terrorisme », même (ou surtout ?) à l’école : un élève qui avait fait une blague au sujet de l’un des terroristes a été puni et chargé de recopier plusieurs fois la phrase « on ne rit pas de choses sérieuses ».

Visiblement, il ne s’agit pas de démystifier les sorcières.


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