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Commentaire de sound of

sur Feu frère Freud, contemporain (Viabilités psychanalytiques en perspective 3)


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sound of sound of 7 février 23:10

Un arbre est très déférent d’un microbe, d’un oiseau, d’un insecte ou d’un homme qui se tient à côté de lui. Je ne dis pas seulement que l’arbre apparaît comme différent. Il est différent. Nous percevons sa réalité par l’intermédiaire de sens hautement spécialisés ; ce qui ne signifie pas que cette même réalité existe sous une forme moins essentielle lorsqu’elle est perçue par le microbe, l’insecte ou l’oiseau. Nous ne pouvons appréhender la réalité dans toute sa valeur que dans un contexte différent du nôtre. Ceci s’applique à tout ce qui appartient au système physique tel que nous le connaissons. Ce n’est pas que cette réalité physique soit fausse, c’est que la représentation que nous nous en font n’est qu’une des innombrables manières de percevoir les aspects variés que prend la conscience. Les sens nous contraignent à traduire l’expérience en structures physiques. Les sens internes élargissent notre niveau de perception et nous permettent d’interpréter l’expérience d’une manière beaucoup plus libre. Afin de créer de nouvelles formes et de nouvelles voies grâce auxquelles la conscience – la notre ou celle de n’importe qui – peut se connaître. La conscience est, entre autres choses, un exercice spontané de créativité. Dans un contexte à trois dimensions, nous apprenons les moyens grâce auxquels notre existence psychique et émotionnelle est en mesure de créer la diversité des formes physiques. Nous agissons à l’intérieur de notre environnement psychique et ces manipulations s’inscrivent automatiquement dans le moule physique. Notre monde est créatif et le seul fait que les arbres portent des fruits corrobore le principe d’autosuffisance selon lequel la terre tire sa nourriture d’elle-même. Les aspects créateurs de la nature matérialisent les tendances psychiques, spirituelles et physiques les plus profondes mises en place il y a des millénaires et qui constituent une partie de l’inconscient collectif dont relève la connaissance psychique.

Dans cette partie de l’inconscient collectif mais aussi individuel se situe le sommeil est ces dérivés, même ce terme n’est probablement significatif. 

Dans le sommeil et les états de rêve nous sommes probablement engagés dans la même dimension d’existence que celle qui sera la vôtre après la mort. Nous ne nous rappelons pas la plupart de ces aventures nocturnes, et celles dont nous nous souvenons nous paraissent, en général, bizarres et chaotiques. Ceci simplement parce qu’à notre stade de développement, nous ne sommes pas capables de manipuler consciemment plus d’un environnement. Quand nous dormons, nous existons consciemment dans un état créateur cohérent, déterminé et nous pratiquons de nombreuses activités dont nous ferons l’expérience ultérieurement. Nous dirigeons simplement le foyer de notre attention dans une dimension différente, dimension dans laquelle nous avons naturellement opéré d’une manière constante.

De même que nous avons une mémoire de la vie à l’état de veille et que nos souvenirs peuvent nous être utiles au cours de différentes péripéties, nous donnant le sentiment que la vie quotidienne est dotée de continuité ; de même notre soi onirique est probablement porteur d’une forte mémoire. il y a une certaine permanence dans notre vie quotidienne, de même celle-ci existe dans notre vie de dormeur. Une partie de nous, donc, est consciente de chaque rêve. Dans ces considérations, celui-ci n’est pas plus illusoire que ne l’est notre vie physique. Notre soi physique à l’état de veille est le rêveur, quand le soi du rêve est à l’œuvre. Nous sommes en quelques sortele rêveur qu’il délègue. Ainsi quand nous regardons notre soi du rêve et que nous le jugeons, nous le faisons avec un point de vue entaché de préjugés, car nous tenons pour acquis que notre « univers » est réel et que le sien est illusion. Si l’état de rêve ne nous parait pas cohérent c’est parce que nous sommes d’une certaines façon « hypnotisés » par la croyance que rien d’autre n’existe à part le monde physique. Naturellement nous essayons de traduire au réveil notre expérience onirique en termes connus, et nous tentons de l’ajuster dans les limites d’une vision déformée.

Dans une certaine mesure, c’est totalement naturel, Nous sommes centrés sur la vie quotidienne parce que nous l’avons choisie comme expérience. Mais dans les limites de ce cadre il nous appartient aussi de nous développer et dereculerles limites de notre conscience. Il est très difficile d’admettre que nous sommes de bien des manières plus efficaces et créatifs dans le sommeil qu’à l’état de veille, et il est plutôt choquant d’admettre que notre personnalité onirique peut par exemple voler sans tenir compte du temps et de l’espace. Il est plus facile de prétendre que de telles expériences sont symboliques et de développer des théories psychologiques compliquées pour expliquer, par exemple, les rêves qui traitent du vol.

Le fait est que nous volons dans nos rêves ; nous le faisons souvent. Donc, dans l’état de rêve, nous agissons, plus ou moins dans des conditions analogues à celles où nous serions dans un autre monde. Nombre de nos expériences oniriques sont probablement celles qui peuvent devenir les vôtres après la mort par exemple. Au cours des rêves, nous expérimentons également les sensations physiques associées. Lorsque nous volons, nos sens physiques sont en quelques sortes activés et nous donne une « impression » exacerbée de vivre réellement ce moment. Alors que souvent nous n’avons jamais expérimenté le vol à l’état éveillé et donc par ce fait nous ne pouvons connaître ces sensations physiques...

Dans la vie physique, il y a décalage constant entre la conception d’une idée et sa réalisation. Tel n’est pas le cas dans le domaine du rêve. Le meilleur moyen pour s’accoutumer à la réalité d’après la mort est donc, pour ainsi dire, d’explorer et de comprendre la nature de notre soi onirique. Peu de gens veulent y consacrer du temps et de l’énergie et encore moins le prendre comme un état de faits.

(suite)


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