Pour embrouiller davantage les idées, l’emmerdeur que je suis vous propose un extrait de l’ouvrage de Thierry Desjardins commis sous l’ère Chirac en 1996.
Il s’intitule : « Lettre au Président à propos de l’immigration — et de quelques autres sujets tabous qu’il faudra bien finir par aborder »
J’avais oublié ce bouquin après l’avoir lu. J’étais moins sensible qu’aujourd’hui aux analyses économiques et l’ouvrage m’avait paru provocateur.
Aujourd’hui, grâce aux informations qui ont fini par émerger, à flots continus notamment à propos de la mondialisation, de la délocalisation, de la monnaie-hélicoptère en période de pandémie, parce que tout le mode est désemparé...
Je trouve que les propos de Desjardins sont dignes d’intérêt d’autant que l’agitation est à son comble. Hier quelqu’un a évoqué les 20 ou 30 ans qui ont précédés la Révolution française. Rien que ça !!!
Voici ce texte, pg.118-9 :
Certains experts vont jusqu’à affirmer que ce recours à la main
d’oeuvre étrangère a été le drame de notre économie.
Pourquoi ?
D’abord parce que
cette solution de facilité a effectivement incité nos entreprises à
ne pas investir dans la modernité. A quoi bon innover, faire des
efforts d’imagination, bousculer les vieilles idées reçues,
acheter des robots alors qu’on peut avoir pour beaucoup moins cher
des travailleurs immigrés ?
Ensuite parce qu’une
masse de travailleurs sans aucune qualification est beaucoup moins
performante, bien sûr, qu’un nombre infiniment plus modeste de
travailleurs qualifiés. Quand 10 ouvriers (maghrébins)
construisaient – même dans une usine ultramoderne comme à Flins –
1 voiture chez Renault, 10 ouvriers (japonais) construisaient 2
voitures et demi chez Toyota.
Pourquoi les
ouvriers japonais étaient-ils deux fois et demie plus performants
que nos immigrés maghrébins ? Parce qu’il est évident qu’un
ouvrier ne sachant ni mire ni écrire, ni compter, ni parler la même
langue que son encadrement est moins « performant »,
moins « motivé », même « à la chaine »,
qu’un ouvrier du niveau du Bac, ce qui était pratiquement le cas
au Japon.
Enfin parce que,
contrairement à ce qu’avait pensé notre patronat, la main
d’oeuvre immigrée est, en fait, beaucoup plus onéreuse qu’elle
en a l’air. Elle doit être encadrée, surveillée et (un peu)
formée par toute une hiérarchie de « petits chefs »
dont les salaires s’ajoutent bien évidemment aux bas salaires de
immigrés, petits chefs qui sont inutiles avec une main d’oeuvre
qualifiée.
A cela s’ajoute,
non plus pour l’entreprise mais cette fois pour la collectivité,
le « prix global » d’un immigré.
Maurice Allais,
notre prix Nobel d’économie etqui n’est pas un imbécile pour
autant même s’il est décrié par toute notre intelligentsia, a
calculé qu’un travailleur immigré nous coûtait « en frais
et infrastructure d’accueil » quatre fois le prix de son
salaire. Et que, si ce travailleur venait avec une femme et trois
enfants – ce qui est un cas très fréquent- il nous coûtait 20
fois le prix de son salaire. Vous avez bien lu : « vingt
fois le prix de son salaire », alors qu’il produit deux fois
et demie moins que son « homologue » japonais.
Je me demande si les syndicats utilisent les bons arguments lorsqu’ils s’opposent au patronat en faisant des grèves.
Balladur avait importé des marocains pour briser la grève de Renault
Vu les résultats à moyen terme, On peut penser, comme bien souvent, que nos élites cooptées de l’ENA, ne sont pas si « élites » qu’on le prétend. Sans complexe, promotion après promotion...