En Chine, Confucius, que l’on croit, à tort, un auteur, ne fit que mettre dans un ordre nouveau les anciens documents de l’histoire primitive de la Chine, qui remontaient à plus de quinze siècles avant lui, et il vivait au VIème siècle avant notre ère ; la preuve, c’est qu’on parle du mari et de la femme et que le mariage n’existait nulle part dans les temps primitifs. Dans la rédaction masculine de Confucius, on sent régner la préoccupation d’effacer le plus possible le rôle de la femme, surtout celui de la mère.
Adoptant les idées d’Hermès, il trouvait aussi que « la femme est devant l’homme comme le cheval est devant la voiture », c’est-à-dire pour le servir. Rappelons que le mot « Hermès » (prêtre) désigne le terme générique de la fonction nouvelle que l’homme prendra lorsqu’il renversera la religion primitive en Egypte.
Partout on voit les noms masculins substitués aux noms féminins, le père à la mère dans la famille, et on insiste avec force sur le respect du fils pour le père. On sent que l’idée d’affirmer la paternité domine là, comme nous la verrons dominer dans tous les pays, à la même époque. C’est le droit paternel imposé et dont on fait déjà, alors, la base du régime social, sentant bien que c’est ainsi que l’on arrivera le plus sûrement au règne de l’homme.
Sous le règne d’Artaxercès (la 7ème année de son règne), vers 456 ou 458 (avant JC), vint à Jérusalem une nouvelle colonie de Judéens, conduite par Esdras ; « c’était un scribe bien exercé dans la Loi de Moïse », dit-on. En réalité, un mauvais écrivain, ignorant et prétentieux.
Il avait pris connaissance du Sépher (la Genèse biblique en sera la caricature), emporté à Babylone, et c’est lui qui en rapportait la traduction.
D’un caractère dominateur et ambitieux, d’un esprit faux et étroit, Esdras était en même temps dévot dans le mauvais sens du mot, c’est-à-dire adonné aux pratiques futiles. On l’a comparé, non sans raison, à un clérical moderne.
Mais ce qui le distinguait surtout, c’était sa haine de la Femme et le mépris qu’il affectait de lui prodiguer.
On a remarqué que les préoccupations législatives dominent chez cet auteur, qui s’occupe de la généalogie dans le but de substituer la filiation paternelle à la filiation maternelle.
Mais il n’y a pas que cette confusion dans cette hypocrite rédaction. On y supprime tout ce qui était destiné à glorifier la femme et on y substitue des faits avilissants.
C’est le livre dans lequel Esdras mit toute la ruse, toute la jalousie, toute la misogynie de l’homme pervers.
Le mot « ab » (père en hébreu) commence à entrer dans la composition des noms ; on dit Abija (de Abi-yah), « celui dont Iahveh est le père » ; Abihou, « il est mon père » ; Elihou, « il est mon Dieu » ; Abbo, « serviteur de Lui », d’où Obed, abbé, abbatial, mais d’où aussi Abracadabra.
Hanno, « la grâce de lui », d’où Hanan ; Jo-hanan (Jean) veut dire « Iahveh est bon ».
D’abord, au mot « ab » on attache une idée de négation, la négation du rôle de la mère qui sera désigné, plus tard, ironiquement par un mot composé de ces deux racines ; « abnégation ».
Pour montrer combien ce régime nouveau était impopulaire, il suffit de rappeler que du mot ab, père en hébreu, on fit abomination.
Rappelons à propos de la Grèce que Pausanias insinue qu’un personnage appelé Olen fut le plus ancien auteur des hymnes qu’il y eut en Grèce.
C’est comme cela qu’on arrive à faire d’Olen un personnage et que, peu à peu, en altérant le nom de ce personnage, on fera Apollon : Olen, en grec, dérive de « Whôlon » phénicien, ce qui est éternel, universel ; C’est de ab ou ap (père) joint à Whôlon qu’on a fait Ap-wolon, puis Apollon.
Une fois l’idée émise, la légende créée, il n’y a plus qu’à la faire grandir. Et cela sera facile, étant donnée l’âpre lutte dans laquelle l’homme s’ingénie à reprendre à la femme une à une toutes ses facultés, toutes ses œuvres, toutes ses grandeurs.
Précisons également que la Déesse Hemœra est l’auteure de tous les livres attribués à Homère.
En Egypte, l’un des Ptolémée va jouer un rôle important dans l’histoire des luttes de sexes : c’est Ptolémée IV qui succède en 222 (avant JC) à Ptolémée III.
Ptolémée IV dit Philopator (qui aime son père), est ainsi surnommé parce que c’est lui qui établit le droit paternel et donna un coup mortel au régime maternel par un simple décret royal, le « prostagma de Philopator ».
Ici, nous saisissons sur le fait le passage de la famille utérine (maternelle) à la famille agnatique (paternelle). Dans les autres pays, la transition fut insensible et difficile à préciser. Chez certains peuples, elle n’eut jamais lieu, et le régime matriarcal a toujours continué à exister.
BLOG