@eddofr
Par exemple, si l’on part de l’hypothèse qu’il y a bien une pandémie en
cours et que la distanciation physique est bien un moyen d’en limiter la
propagation, alors les fêtards qui ont bravé les interdits et affronté
les forces de l’ordre au nom de leur liberté et de leur « droit à faire
la fête » on bien mis en péril ce droit même auquel ils prétendent.
Pas forcément, un interdit, un devoir et donc un droit ne vaut que vis à vis d’autrui, pas vis à vis de soi même. De fait, il faut savoir si l’interdit porte sur autrui ou soi même. Dans le 1er cas, il est légitime et préserve la liberté de chacun, dans le second il est abusif, liberticide.
Dans votre exemple et pour faire simple, tant que les fêtards restent entre eux, ils prennent le risque entre eux même et c’est la liberté de chacun de prendre les risques pour lui même et qui relève de sa propre souveraineté. Là où il y a problème, c’est une fois rentré chez eux où chaque fêtard peut faire prendre le risque à autrui, alors même que ce dernier prend les mesures de précautions. Dans ce dernier cas, la responsabilité consiste alors à ne pas exposer autrui et donc à rester dans un endroit où toutes les parties présentes sont dans le même choix personnel. Sauf si son entourage est clairement informé du risque et décide de l’accepter, mais là encore, cela les obliges bien évidemment à limiter d’autant leur exposition vis à vis des autres. C’est ce qu’on appelle l’auto isolement.
Mais ici, il s’agit de faire appel à la responsabilité individuelle et collective, de s’appuyer sur elle, chose qu’aucun gouvernement ne souhaite vraiment, car plus une société a des citoyens responsables, moins elle a besoin de chefs pour les commander. Moins elle accepte une société fondée sur la division, séparation des droits et devoirs, condition absolue pour permettre l’exploitation du temps de vie d’autrui à son profit via la propriété. Car sans cette séparation, chacun ne peut plus s’enrichir au delà de ce qu’il accomplit par son propre travail ’principe du mérite personnel). Ce qui se traduit par, nul ne peut exiger plus de droits qu’il n’accomplit de devoirs et nul ne peut se voir exiger plus de devoirs qu’il ne réclame de droits. Sachant bien entendu qu’une personne empêché d’accomplir son devoir citoyen ne peut être privé de ses droits, puisque c’est le principe de mutualisation des accidents ou incapacités. Etc...
Bref, la souveraineté, liberté, est une relation intérieure, individuelle ou collective, tandis que la responsabilité, la notion de droit et devoir, est une relation extérieure, là aussi individuelle ou collective, de soi vis à vis d’autrui