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gem gem 19 mars 2007 16:06

L’analyse de l’affiche de Buffet était meilleure, mais ça reste un bon article.

Vous avez oublier l’essentiel : la photo !

Photo classique de femme, qui regarde de bas en haut : signe de soumission féminine classique. Le cadrage est significatif, car il y avait beaucoup d’option. Il est hyper serré : Mme Royal prend toute la place. On ne voit que le visage et le cou (mais caché par le slogan). Chevelure cachée : pas besoin de « foulard » — pas spécialement ismalique, le foulard, on portait le même genre de truc dans les campagne bien catho de France. Le maquillage est parfait, dans la mesure où il est totalement discret mais pas absent : respect total du code de bon gout. Le sourire est conventionnel, pas tout à fait naturel, mais pas vraiment forcé : respect total des convenance, là encore, ce qui exprime une soumission réfléchie.

Point important : le regard. Mme Royal ne nous regarde pas, elle regarde quelque chose ; c’est à ce quelque chose (et donc, pas à nous) que va sa soumission. Quoi ? c’est le slogan qui peut nous renseigner.

Voyons donc le slogan. Aucune fantaisie de couleur ou de graphie n’oriente l’interprétation, c’est donc la place des mots qui compte, et seulement elle. Notons au passage, encore et toujours, le respect du bon goût... Dans un slogan, les mots importants sont le premier et surtout le derner, comme tout publicitaire vous le dira (écouter et regarder, vous verrez : il est bien rare que le dernier mot d’un slogan ne soit pas la marque qui fait la pub). Autre caractéristique : le slogan est composé de 4 lignes, dont la seconde, « la France », est visiblement décalée (vers la gauche !), comme un élément étranger, un peu à part, dans le reste du slogan.

De tout cela, il résulte que l’important c’est le mot « forte » et, en second, le mot « juste » : tout deux se détachent sur la masse du slogan, ce qui dévalorique le mot « plus ». La France sert à les mettre en valeur, mais n’en est pas le sujet ; elle sert aussi à justifiée le féminin, marque de fabrique affichée de Mme Royale. « forte » et « juste » se rapportent au sujet de l’affiche : Mme Royal, donc. Mme Royal est donc soumise à ... elle-même, en tant qu’elle est « forte » mais « juste ».

Mme Royal nous invite donc à suivre son propre exemple et faire comme elle-même : se soumettre à une « forte » (et « juste ») personne, elle-même. L’affiche est totalement réussie, de ce point de vue...

Message renforcé par le flou de l’arrière-plan, manière classique de souligner que le sujet se distingue du paysage, qui ne compte même plus. Par contraste, souvenons-nous de la fameuse affiche de la « force tranquille » avec son arrière-plan de France profonde.

Le regard est vers la droite : sens de la lecture, sens de l’histoire, sens du mouvement progressif. Très convenable, mais tellement classique que ça devient sans importance sémantique.

Le slogan est au futur. En soi, ce n’est pas un souci, c’est même logique et classique, et c’est parfaitemnt cohérent avec le sens du regard ; mais cela fait un hiatus avec la phrase introductive, où Mme Royal est déjà présidente. Ainsi, l’affiche annonce que Mme Royal présidente a l’intention de laisser son programme se conjuguer au futur (pas forcément ne rien faire, mais en tout cas laisser beaucoup de chemin à faire encore).

etc.


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