@Rincevent
Bonjour Rincevent.
La « laïcité » est une notion liée à la libre
pensée portée à la fin du dix-neuvième et au début du vingtième siècles par la franc-maçonnerie.
L’ennemi à abattre, c’étaient avant tout les « congrégations » qui
étaient des états dans l’état et faisaient régner leur propre ordre dans leurs
rangs où les lois nationales étaient inopérantes. Il reste des traces des ces
structures dans les affaires liées aux prêtres pédophiles, plus ou moins
protégés par leur hiérarchie, et dans les vestiges du droit d’asile (cf l’affaire
Xavier Dupont de Ligonnès).
Cela ne signifie pas que les religions sont interdites, mais
que leurs adeptes, libres de pratiquer le culte de leur choix et de croire ce
qu’ils veulent, doivent se soumettre aux lois de l’état, sans qu’aucune des
religions en présence n’ait de préséance sut les autres, ce qui était une des principales
caractéristiques du Concordat signé entre Napoléon et Pie VII.
Même si le vocabulaire français se distingue de l’américain,
les ensembles constitués par les « fidèles » d’une religion sont bien
des « communautés » (et plus des « congrégations ») et c’est
bien par ce terme que les Israélites désignent eux-mêmes leurs propres groupes.
Or, si aux Etats-Unis, le « communautarisme » est érigé en
institution et enjoint tout citoyen à s’intégrer durablement dans un groupe
identifié (sans doute pour être mieux contrôlé), cette obligation tacite n’existe
pas dans notre pays, ce qui amène certains à opposer « communautarisme »
et « laïcité ». Mais en fait, même sir le président américain porte
serment sur la bible, il s’agit bien d’un pays laïc (à la différence de l’Iran,
de l’Arabie Saoudite ou d’Israël qui ont des religions d’état), et la coexistence
des « communautés en France est une réalité difficile à nier. Il s’agit
donc de variantes de ce qu’on appelle « démocratie laïque », et non
pas de structures antinomiques.