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Commentaire de Renaud Bouchard

sur Gulliver empêtré ou le Président dans le piège à rats


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Renaud Bouchard Renaud Bouchard 23 juin 17:09

@eddofr

Bonjour et merci autant pour votre visite que pour votre commentaire que j’ai lu très attentivement tout comme les commentaires, analyses et contributions auxquels je m’efforce de répondre rapidement et du mieux que je le puis.

Pour vous répondre, voici comment je vois les choses.

Comme vous le savez, le gouverneur est la personne qui détient le pouvoir exécutif civil ou militaire, ou les deux, d’un État, d’une région, d’une province ou d’une colonie. L’acception est large. Il répond le plus souvent à une autorité supérieure, bien souvent le chef de l’État ou le gouvernement du pays pour lequel il agit.

Il devrait y avoir, dans un pays normal et fonctionnant normalement, un chef de l’Etat, un président qui « présiderait », qui pourrait et devrait avoir des pouvoirs étendus mais qui seraient contrebalancés sinon surveillés par une véritable opposition parlementaire. Il y aurait aussi, comme dans l’actuelle Constitution Article 20

, un Premier ministre dont le Gouvernement déterminerait et conduirait la politique de la Nation, qui disposerait de l’administration et de la force armée et serait responsable devant le Parlement dans les conditions et suivant les procédures prévues aux articles 49 et 50.

S’agissant du Chef de l’Etat, et j’ai ici une conception toute particulière de la fonction qui devrait être exercée de façon harmonieuse et non autoritaire, autocrate et unilatérale, celui-ci, bien que puissant, n’agirait pas comme un petit « cheffaillon » mais bien comme un CEMA, un chef d’état-major, avec des ministres généraux et colonels, mais surtout avec la sûreté et le contrôle de toute une chaîne de commandement, des officiers jusqu’aux simples soldats que nous sommes, qui aurait conscience de l’intelligence et de l’utilité des ordres reçus, de sorte que chacun à son niveau dont l’importance ne saurait être ignorée ou minimisée mais au contraire prise en compte comme un maillon dont dépend la solidité de ladite chaîne, saurait alors très exactement pourquoi il agit et contribue au mouvement général.

Et c’est précisément-là qu’interviennent la nature, l’exercice et le fondement d’un pouvoir qui trouverait sa force, sa solidité, relais et assentiment au sein de la population sur la base d’un vrai consensus démocratique et électoral (avec ce formidable outil que serait l’usage du référendum d’initiative citoyenne), un pouvoir qui, je le répète, ne serait pas celui d’un cheffaillon mais bien celui d’un impulseur, d’un détermineur, d’une sorte de planification indicative dans tous les domaines - y compris le régalien en réelle intelligence avec un pouvoir parlementaire conscient de la spécificité du domaine - mais qui laisserait à chacun toute latitude pour agir, construire, contribuer à la détermination comme aux choix et modes de conduite de sa vie quotidienne.

Et c’est précisément avec cet état d’esprit qui repose sur la confiance, l’intelligence et le développement des capacités de chacun, tous éléments citoyens auxquels aspirent la France et les Français -vous, moi, nos familles, nos enfants, nos amis, tous ceux qui nous entourent -, et qui comprennent bien que pour diriger, faire marcher intelligemment tout un pays, le seul carburant qui vaille et qui est illimité repose sur ce besoin de dialogue, de participation, de recherche de consensus, de tolérance et de solidarité que vous évoquez, et certainement pas sur la violence brute et imbécile de gens qui se croient tout et ne sont rien.

Bref, comme vous l’écrivez fort justement (je vous cite), la mise en place, le fonctionnement et le développement d’une vraie démocratie participative et d’espaces d’échange sans enjeu (des espaces où on ne débat pas pour déterminer un « gagnant », où on ne fait pas « spectacle », mais où on échange, pour mieux comprendre le point de vue des uns et des autres et mieux se comprendre les uns les autres).

Tout cela, j’en suis persuadé, tout comme vous, n’a rien d’utopique et serait d’autant plus facile à mettre en place si le « gouverneur », le dirigeant, entouré de vrais conseillers qui ne seraient pas déconnectés du monde réel comme l’équipe de branques qui nous empoisonne littéralement la vie depuis des années, mais seraient en relation avec la citoyenneté « de base » dont nous faisons partie, agiraient en sachant qu’ils répondent à des aspirations réelles, voulues, déterminées, contrôlées, corrigées, complétées, pensées et finalement d’autant plus faciles à mettre en place avec l’aide et la volonté de la nation toute entière que celle-ci s’y retrouverait et ne mesurerait pas ses efforts pour parvenir au bien commun, sachant que chacun aurait les moyens comme la liberté d’exercer et développer ses choix comme ses talents.

Je suis d’autant plus réceptif et acteur de cette façon de voir que je vis dans une ville et une circonscription dont les députés qui s’y succèdent n’existent pas, disparaissent une fois élu, ne réapparaissent qu’auprès des goûters de personnes âgées lorsqu’il s’agit de se faire réélire et changent de trottoir lorsqu’il comprennent qu’un de leurs électeurs aimerait leur parler.

Nul doute alors que finirait par très vite disparaître - simplement parce que les gens qui en font partie verraient qu’il existe une toute autre façon de penser et de vivre -, ce " bon tiers des Français qui sont des enfants apeurés, incapables de s’assumer, incapables de prendre leurs responsabilités et qui ne souhaitent qu’un « Chef » qui pense à leur place, choisisse à leur place, agisse à leur place et leur promette que « tout va bien se passer », même s’il doit leur mentir « , et qui ne changent rien à leur mode de pensée, de vie, de vote, alors qu’ils voient bien que, précisément, les années se suivent et que »cela se passe très mal".

Toute cette perspective dont nous parlons ici existe déjà, est à portée de main, de réalisation et ne demande qu’à être amplifiée pour peu que des gens comme vous et moi, et il en existe des centaines de milliers, décident de changer de prisme et de faire confiance à celui qui gouvernerait intelligemment ( je pense à moi, vous l’aurez compris) et ne confondrait pas démocratie avec démocrature.

Bien à vous,

Renaud Bouchard


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