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Commentaire de Et hop !

sur Le conclave de 1958, prélude du concile Vatican II


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Et hop ! Et hop ! 7 août 15:33

@Pierre-Marie Baty

Merci pour ce lien wikipedia vers ces sociétés de Fendeurs que j’avais vue évoquées chez des « intellectuels » ou des « mondains » du XVIIIe siècle mais sur lesquelles je ne m’étais jamais penché.

Il est normal que les bûcheron et les charbonniers professionnels aient eu un folklore professionnel avec des rites de réception, de promtion, de gratifications, de discipline, et de vente, les sociétés traditionnelles organisent la vie sociale et ses règles comme des jeux et des fêtes, et non sur une base légale avec justification rationnelle (utilitariste ou fonctionnaliste) ; toute la société était organisée comme ça, aussi bien les villages que la cour, l’abattage des arbres que les chasse à courre. La danse et le bal sont un exemple de cette ritualisation festive dans le domaine civil de la formation des couples à marier, autant chez les jeunes gens d’une bachellerie de village, que chez ceux de la Cour.
Il faudrait voir ce que rapporte sur ces coutumes de bûcherons et de charbonniers Arnold Van Gennepp dans son Manuel du folklore français.

Je cite :

« De même qu’il existera trois types de « vente charbonnière » bien identifiés :

  • une charbonnerie uniquement de métier,
  • une charbonnerie de métier pratiquant l’acceptation avec un rituel très chrétien,
  • une charbonnerie purement spéculative avec le Marquis de Lafayette comme maître.... »

On a manifestement deux institutions qui sont complètement différentes, un folklore populaire (1 et 2), et les formes de ce folklore empruntées par des acteurs politiques subversifs de haut vol pour déguiser et rendre ammusante une organisation d’endoctrinement et de motivation dont l’équivallent au XXe siècle sera par exemple les réunions de cellules du PC ou de la LCR, avec cette différence que les loges de Lafayette ne recrutaient pas dans le peuple.

La connaissance de ces folklores de bûcherons et de charbonniers par des nobles se comprend aussi, car c’est eux qui exerçaient les charges de maîtres des eaux-et-forêts, de juge des grueries, et la charbonnerie dépendait de maîtres charbonniers qui était comme la verrerie et la sidérurgie, une profession non dérogeante exercée par des gentilshommes charbonniers, donc ils avaient à les connaître et à en assurer la police pour qu’il n’y ait pas .

La noblesse et la haute bourgeoisie du XVIIIe siècle à partir de la Régence avait de nombreux cercles ou sociétés récréatives et festives avec des thèmes empruntés à d’autres milieux et d’autres sociétés pour provoquer un dépaysement, comme dans les opéras où des intrigues amoureuses et sociales purement parisiennes sont mises en scène chez les Romains ou les Hurons.

Toujours est-il que les gens du peuple qui participaient à des sociétés secrètes de fendeurs ou de charbonniers avant la Révolution, il s’agissait de confréries politiquement neutres et anodines, et pas des sociétés spéculatives qui existaient pour la bourgeoisie et la noblesse sur le modèle de la franc-maçonnerie. Il n’y avait évidemment pas plus de vrai bûcheron chez les Fendeurs du Faubourg Saint-Germain, que de vrai maçon à la Loge des Neuf-Soeur.

On ne peut pas dire qu’avant la Révolution, des paysans et des artisans participaient déjà à des réseaux d’influence équivallents à la franc-maçonnerie, et que cela aurait pu les y préparer.

Le député du Tiers-état en Vendée qui était gros-paysan, j’aimerai bien avoir un profil plus précis, est-ce que c’était pas un bourgeois qui avait acheté une seigneurie et qui avait repris les censives ou les maitaieries aux tenanciers pour les faire-valoir directement (ce que les nobles n’avaient pas le droit de faire).

Toutefois, il peut y avoir des exceptions qui confirment la règle, comme François Chabot qui était fils d’un cuisinier de collège, mais qui avait reçu une bonne instruction à ce collège et qui était capucin défroqué.


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